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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:52

 invit lecture

Gérard Noiret « Autoportrait au soleil couchant », prix Max Jacob 2012.

Gérard Noiret, nous le connaissons bien à Bezons.  Il nous a offert des événements culturels et poétiques de hautes exigences (créations théâtrales « mise en voix », rencontres avec des auteurs, ...). Son recueil «le Pain aux alouettes » est publié en 1982, dans la prestigieuse collection « La petite sirène »  qui avait accueilli Aragon, Dominique Grandmont, Francis Combes, Charles Dobzynski ! Puis il nous donne « Chatila », à lire et à entendre lors de sa première « mise en voix » au Théâtre Paul Eluard (1986). C'est à Bezons qu'il donnera la première et unique représentation de « Madame Bruneau », création tirée de son récit «  Le commun des mortels » (prix Tristan Tzara 1991) .  C'est à Bezons qu'il organisera la première rencontre des « poètes pour la Paix », une manifestation contre la première guerre du Golfe, en présence de Eugène Guillevic, autre grand de la poésie contemporaine.

 

« Autoportrait au soleil couchant » fait partie d'un ensemble littéraire, une fresque dont le premier tableau s'intitule « Chroniques d’inquiétude ». A la première lecture, on y découvre des personnages auteurs de poésie, dont les écrits sont rassemblés pour célébrer le vingtième anniversaire d'une collection « Colosse de Memnon ». Et nous voilà plongés dans un imaginaire, un monde d'effets et de reflets, plein de lyrisme, surprenant, étonnant. On découvre un récit construit à plusieurs voix. Gérard Noiret nous fait voyager dans un univers, le sien bien sûr, mais au travers de ceux qu'il nomme ses « Hétéronymes ».

 

Il nous les présente, leur donne corps et caractère. Il les fait vivre avec ses mots. Dès la première page une indication donne le ton « Un quatuor ». Oui, c'est un quatuor. Quatre voix, trois masculines et une voix de femme. Et il y a les silences, les respirations, le souffle. Chaque partie forme une partition. Comme un chef de chœur, Gérard nous donne à lire un ouvrage hors du commun. Chaque voix, nous permet de découvrir un nouveau registre exceptionnel de son écriture poétique. 


invitlecture 120417 n1


 

      Extraits :


C
est à lintérieur de soi
Désormais
que marcher

Marcher
dincapable phrase
De
faire dix pas

Sans
interroger
Son
allure dans les vitrines

J
habite un lendemain de fête
Qui
na jamais eu lieu

Une
rue de confettis mouillés
Une
traînée de meuble sur le rire

 

 

ICARE

Sous
les structures métalliques de la verrière
qui
soutiennent, aggravé par la neige,
un
poids considérable,
les
voyageurs luttent contre lhiver.
Le
visage emmitouflé, ils ignorent en bout de quai
la
violoniste aux mains nues qui joue Paganini.
Tant
de virtuosité devrait pourtant leur fournir un indice.
Encore
faudrait-il quils aient vu le tableau de Bruegel
et
soient capables de le transpose
r.

 

 

Gérard NOIRET, Autoportrait au soleil couchant, Obsidiane, 126 p., 14 euros

 

Christine Sanguinède

 

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Published by le LAB' - Laboratoire d'Actions pour Bezons - dans Société
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