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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:08

                     invit lecture

Cet ouvrage est paru en septembre 2010, un an avant la reconnaissance de l’état de Palestine par l'UNESCO. Pourquoi ce choix ? Pour comprendre.

Comprendre pourquoi depuis plus d'un demi siècle, un peuple, celui de Palestine, n'a pas le droit d'exister.

Comprendre pourquoi depuis plus d'un demi siècle la communauté internationale refuse de faire appliquer les résolutions qu'elle a prises.

Comprendre pourquoi depuis plus d'un demi siècle, l’État de Palestine n'a pas droit à la reconnaissance, comme n'importe quel autre État.

Gresh1

 

 

Alain Gresh directeur adjoint du monde diplomatique est un grand spécialiste du proche- Orient, et plus particulièrement du conflit israélo-palestinien. Il a publié de nombreux ouvrages sur ce sujet, seul ou en collaboration avec d'autres. Dans cet essai, Alain Gresh interroge, questionne l'Histoire pour comprendre la situation de la Palestine actuelle. Quel crime a donc commis la Palestine pour mériter cela ? Est-ce sa situation géographique ? Que veut dire ce nom ? Son essai déroule des événements marquants de notre Histoire, de la colonisation menée au nom de la grande mission civilisatrice de l'Occident à la « question juive ».

Alain Gresh décortique l'histoire de la création de l’État d’Israël. Il relate avec minutie les débats politiques et philosophiques qui ont jalonné, marqué, la création de cet État. Il illustre ces chapitres de citations, d'extraits d'articles ou de discours pour étayer ses propos. Il compare avec d'autres événements similaires.

Il commence par son vécu personnel, lors de ses années au Lycée français du Caire. « 1961, Le Caire. La création de l’État d’Israël et la première guerre israélo-arabe dataient d'à peine treize ans, soit notre âge. ». Pas simple d'être juif à cette époque, surtout dans les pays arabes. Les juifs égyptiens furent pris dans des contradictions irréductibles. ».

Alain Gresh nous apporte un éclairage fouillé sur ce que fut la politique coloniale pour comprendre la colonisation de la Palestine. Il écrit : « ce colonialisme de peuplement se traduisit différemment selon les pays. Dans certains d'entre eux, le nombre de colons surpassa rapidement celui des populations locales, qui se virent éliminées ou marginalisées (indiens d’Amérique, aborigènes d’Australie ou d’Océanie. ».« Dès l'origine, les idéologues du « retour des juifs » en Palestine partagent deux traits majeurs avec la pensée coloniale... »: Il revient aussi sur la naissance du mouvement sioniste au XIXe siècle « Jamais auparavant les juifs n’avaient aspiré à construire une État en Palestine, ni où que ce soit d'ailleurs ».

On y apprend combien les antisémites ont été parmi les premiers à soutenir le projet sioniste, afin de les aider à « conquérir leur terre promise pour eux et de les y envoyer tous ». Le Royaume Uni sera la grande puissance protectrice qui facilitera, aidera, à la construction de l’État d’Israël. Il va peser de tout son poids. Avec la « déclaration Balfour », du 2 novembre 1917, « le ministre des affaires étrangères britanniques annonce à lord Walter Rothschild,[...] que «  le gouvernement de sa majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national du peuple juif ». La colonisation juive de la Palestine était en marche. « En 1939, plus de 25% des terres cultivables étaient contrôlées par l'Agence Juive ». Il rappelle aussi que jusqu’à la seconde guerre mondiale, la plus part des juifs étaient en désaccord avec le sionisme et cela pour plusieurs raisons : sur le plan religieux « pour la grande majorité des rabbins, un État juif ne pouvait advenir avant le retour du Messie » et par leur « volonté d'intégration dans les sociétés occidentales[...] par adhésion à l’idéal internationaliste, socialiste ou communiste ». Puis avec le Génocide, nombre de juifs rescapés des camps décident de « quitter une Europe qui n'a pas su les protéger ».

Alain Gresh aborde tous les débats, toutes les contradictions, concernant l'histoire de la Palestine.

Au terme de son ouvrage, il espère en une Paix enfin scellée, mais quand ? « l’affrontement autour de la Palestine s'est engagé avant même l'effondrement des empires ottoman... Il se prolonge aujourd'hui sans que personne puisse entrevoir une issue à court terme ».

Christine Sanguinède


Alain Gresh, De quoi la Palestine est-elle le nom ?, éd. Les Liens qui Libèrent (LLL), 216 page, 17,50€ (septembre 2010).

 

 

 

A noter sur vos agendas : En solidarité avec le peuple palestinien

Votre solidarité nous aidera à accueillir un groupe de jeunes palestiniens de West–Bani–Zaïd .

Un collectif d'associations bezonnaises avec le soutien de la Ville de Bezons,

vous invite à


Une soirée spectacle

Samedi 11 février 2012 à partir de 19h

Espace Aragon

42 bis, rue Francis-de-Pressensé à Bezons 

 


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 18:02

Le 20 octobre 2011, le Conseil des ministres européens de l’agriculture a refusé de voter l’évolution du Programme Européen d’Aide aux plus Démunis (P.E.A.D.).

Si une telle décision était prise, cela ferait fondre le montant de l’aide de 80% en 2012 passant de 113 millions d’euros contre 480 millions d’euros prévus initialement.

Le P.E.A.D. pourrait disparaître à l’horizon 2013.

L’Europe ne peut pas laisser de côté les 18 millions d’européens concernés par l’aide alimentaire et, au-delà, les 80 millions de citoyens européens les plus fragiles : 

aide alimentaire

 

 

UNE CATASTROPHE HUMANITAIRE EST DESORMAIS A CRAINDRE SUR NOTRE CONTINENT.

Les principes de démocratie, d’humanisme, de respect des engagements et de fidélité au Traité de Rome dépendent aujourd’hui de la responsabilité des Chefs d’Etats en charge de la construction de l’Europe.

Les banques alimentaires, la Croix Rouge Française, les Restos du Cœur et le Secours Populaire Français appellent solennellement à ne pas abandonner les plus pauvres en cette période de crise et à mobiliser toute l’énergie pour prolonger un soutien efficace de l’Union Européenne à sa population la plus démunie.

Rendez-vous est pris le 14 novembre 2011, jour de la tenue du prochain Conseil des ministres européens de l’agriculture.

 

Murielle GREUET

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 18:26

unesco

 

 

Palestine - la France dit oui !

 

 

Le 31 octobre 2011 à Paris, la France dit oui à l’entrée de la Palestine comme le 195ème état membre de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Cette date est historique par la portée de l’évènement car c’est un pas vers la reconnaissance d'un état palestinien. Je vais m’appuyer sur la métaphore des noces pour qualifier l’évènement, tellement il est beau de voir que la France, chez elle, a pris ses responsabilités. Notre diplomatie nous avait habitué à un manque de lisibilité ces derniers temps. Surprise de taille donc, la France change de position, laisse aux vestiaires ses réserves de forme et vote l’adhésion de la Palestine; ça, ce sont les fiançailles en attendant le grand jour devant le Conseil de Sécurité de l’ONU. Mais c’est une victoire pour l’Autorité palestinienne, les Palestiniens et les forces progressistes. Je ne bouderai pas mon plaisir pour saluer cette victoire, saluer ce geste de la France qui nous honore et espérer que la cohérence sera de mise lors du grand rendez-vous. Qui a dit que la résistance citoyenne ne paie pas ?

 

  unesco2

 

 

Le grand rendez-vous de New York

Être du bon côté de l’Histoire( 1), aller à l’essentiel ou répondre sur le fond plutôt que sur la forme pour reprendre les mêmes termes que le porte-parole du ministère des affaires étrangères, voilà le vote que nous attendons de la France à New York. Maintenant que la France a pris ses responsabilités à l’Unesco, sa voix doit résonner plus fortement encore pour transformer l’essai. Oublions la menace du veto d’un tel ou les mesures de rétorsion d’un tel autre et recentrons-nous sur nos valeurs, celles par qui le monde nous identifie, celles que nous apportons au banquet de l’humanité. Ainsi, sans fausse note, notre mélodie fera danser de fierté tout l’hexagone, une danse pour l’enfantement de la paix au Proche-Orient, une paix que nous voulons pour la stabilité du monde.

Puisqu’il semble que le vote pourrait avoir lieu le 11/11/2011, une date symbole, pour nous, le compte à rebours a commencé. Ce jour-là, le monde entier tournera son regard vers New York comme pour rappeler aux Conseillers de Sécurité : votre vote est historique, que votre main ne tremble point / « donnez une chance à la paix » au Proche-Orient !

 

unesco3

 

 

Certes, la reconnaissance de la Palestine à l’ONU ne règlera pas tout immédiatement sur le terrain. Mais elle sera une grande avancée qui fera asseoir pour de bon, les acteurs autour d’une table, afin de regarder concrètement les grands dossiers que sont le statut de Jérusalem-Est, la colonisation, le droit au retour, etc.

Le seul vote à New York qui vaut son pesant d’or, le sens des responsabilités, c’est le oui ! Rien d’autre. Même pas l’abstention ! Après de si belles fiançailles à Paris, l’enjeu est de taille, le mariage doit être à la hauteur des convives. En ce qui me concerne le rendez-vous de New York s’apparente à des noces où la Palestine propose sa main au monde. La France va-t-elle la refuser ? Je ne veux pas le croire.

 

 Raymond Ayivi

Adhérent du L.A.B.'

 

  1. Pour toute réponse : les Etats Unis cessent de subventionner l'UNESCO, l'État israélien veut accélérer la colonisation de la Cisjordanie par la construction de nouvelles colonies.

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 12:59

Le monde arabe en mouvement.

 

mercredi 09 février 2011

 

  forum social Dakar n°04

Le FSM est l’occasion pour de nombreux mouvements activistes de diffuser et de dénoncer des problèmes tous azimuts. Outre les manifestations de bacheliers et d’étudiants sénégalais auxquels nous avons déjà fait mention, on note toutes sortes d’autres manifestations, y compris une manifestation d’une trentaine de Tunisiens mercredi.


À l’UCAD ce jeudi, on voit déambuler sur le campus, entre les stands et tentes d’organisations une manifestation d’Egyptiens réclamant le départ de Mubarak. Le cortège est modeste : on compte une dizaine de manifestants, auxquels se joignent sympathisants et curieux à qui une foule dense de visiteurs cède le passage. Enthousiaste, une manifestante nous confie que « les jeunes ont été le catalyseur de la révolution tunisienne », et appelle le monde à « soutenir le mouvement » et à ne pas le laisser tomber dans l’oubli en continuant à s’informer, et ce jusqu’à la chute de Mubarak.


À une conférence portant sur la Révolution tunisienne, un responsable de l’Union générale des Étudiants de Tunisie rappelle que la révolution est loin d’être terminée, qu’il reste un nouveau système à construire, et d’éviter une polarisation trop précoce et manichéenne du mouvement entre « partisans du chaos » qui refuseraient tout compromis et « traitres » qui abandonneraient la recherche d’un réel changement politique.

Autre mode de dénonciation, les conférences et débats : Naomi Klein dénombre les méfaits du changement climatique, appelle à la responsabilisation des entreprises multinationales, et défend l’idée de justice écologique transnationale. Plusieurs délégations participent, parmi lesquelles des membres des communautés indigènes du Mozambique et de la Bolivie, et éclairent la situation complexe de l’exploitation des ressources minières et hydriques dans leurs pays. Participants du Brésil, d’Inde, de Colombie, du Mexique et des Etats-Unis insistent sur l’importance de mettre en valeur les instruments existant en matière de justice transnationale et qui s’appuient sur le respect des «principes éthiques», ce qui se traduit dans le compromis entre entreprises et gouvernements du Sud pour la protection de l’environnement.


Lors de la discussion sur cette problématique, la conférencier et en général tous les assistants ont mis en avant l’importance du rôle des organisations locales qui contribuent à la conscience et à la dénonciation de ce type de situations et appellent à la vigilance. Les mouvements qui s’organisent tout autour de la planète, par exemple en Bolivie ou en Inde, sont un reflet de ce courant en pleine évolution, dirigé la plupart du temps par des jeunes inquiets pour l’avenir des générations futures.

Les manifestations culturelles ont animé cette journée, plusieurs groupes musicaux de percussions ont mis l’ambiance au milieu des stands des organisations sur la place centrale. Les vêtements beaux et bariolés des femmes sénégalaises qui dansaient ont attiré l’attention des visiteurs des expositions des associations.


En somme, le FSM se présente comme un espace de discussion et de dénonciation pour tout un ensemble de mouvements hétérogènes, porteurs de multiples causes et relais des réalités de leurs pays. La plupart du temps, ces exemples de mobilisation reflètent un fort engagement politique des structures associatives, et l’on note la présence de nombreux partis politiques : « Ces scènes militantes, toutes observées directement, se sont tenues au même endroit, mais ne racontent pas le même FSM » (Marie-Emmanuelle Pommerolle, Cultures et Conflits 129-149). Cette journée a apporté un éclairage des dynamiques qui animent les participants du forum ; même si les motivations initiales s’orientent vers un objectif similaire, ce corpus de dialogues et rencontres est saisi par les uns et par d’autres d’une manière différente.

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 17:18

 

Le Camp des Jeunes

 

mercredi 09 février 2011


Le Camp des Jeunes est installé à l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP). Sur sa grande esplanade centrale, des centaines de tentes gracieusement offertes par l’Arabie Saoudite (« Royaume de l’Humanité »!) s’alignent, demeures éphémères (et bon marché) d’une partie des participants du FSM. Dans les immeubles avoisinant se tiennent des ateliers, groupes de travail et conférences tous relatifs aux jeunes, dont un atelier organisé par l’association YMCA Sénégal.

L’atelier a pour but la mise en commun de perceptions et visions des participants autour des enjeux de la citoyenneté : Quelles sont les variations de cette notion d’un pays à autre ? Quelles sont les pratiques qui définissent le citoyen ? La possession d’une carte d’identité est-elle un pré-requis à cet exercice ? De jeunes Sénégalais, Canadiens, Français, Maliens, etc., ont discuté au long l’après-midi autour de trois axes de débat : la notion de citoyenneté, l’Etat citoyen et l’avenir des jeunes citoyens.

Le débat débute avec l’intervention dynamique de quelques membres de YMCA Sénégal qui cherchent à explorer les motivations et les positionnements des jeunes Africains par rapport à ces sujets : confrontation multiculturelle de différents points de vue et représentations. Au Sénégal et en Colombie par exemple, la possession d’un carte d’identité et l’Etat civil configurent un modèle de citoyenneté imposé par les autorités ; dans le même temps, les jeunes s’organisent d’une manière très active malgré la faiblesse des modes de participation citoyenne. En France, la notion de citoyenneté peut être interrogée dans la mesure où les dénommés « sans-papiers » participent activement à la vie associative, prenant part à ce qu’on pourrait appeler l’Etat citoyen.

De l’aveu des Canadiens, « nous sommes ici pour apprendre de nos cousins sénégalais ». Apprendre de leur approche militante et plus politisée aux questions de pauvreté et de détresse sociale que les Canadiens, adeptes d’une ligne plus apolitique et axée sur le soin à l’individu.

Au même moment, un groupe de rap sénégalais scande des slogans anticapitalistes et pro-annulation de la dette à notre caméra, et attire la foule enthousiaste pour un boeuf improvisé. Dans la soirée, un grand concert est prévu au Camp, auquel on a préféré une soirée avec des étudiants de Droit de l’UCAD, membres d’un réseau panafricain et sur le point de partir, à 200, pour une « caravane » qui voyagera à travers le Sénégal, le Mali, et le Burkina Faso.

 

 

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 17:05

 

Jour 2 : Début des conférences et ateliers

lundi 07 février 2011

forum social Dakar n°02

Premier jour ouvrable du Forum : des milliers de participants au Forum, badge autour du coup, se mêlent à la foule des étudiants de Diop. La quasi-totalité de ces derniers, on l’apprendra plus tard de la bouche de leurs camarades, n’étaient pas au courant que le FSM se tenait sur leur campus. Fidèle à sa réputation de joyeux bordel, le Forum connait quelques problèmes d’organisation : enregistrement laborieux des participants, lieux des activités prévues dans le programme changés sans préavis, annulés, ou introuvables... Le journal sénégalais Le quotidien note que les organisateurs du FSM, la présidence de l’Université et le gouvernement sénégalais se renvoient la balle pour justifier ce qu’une volontaire interrogée par l’AED a qualifié d’« organisation déplorable », et ce en dépit des fonds mobilisés - Le quotidien cite ainsi le chiffre de 2 millions d’euros sans compter les frais d’inscriptions de plusieurs dizaines de milliers de participants.

Les stands sont regroupés en divers lieux du campus, tandis que le programme fait état d’un nombre canonique de conférences et ateliers se regroupant autour des douze axes retenus pour ce FSM 2011, parmi lesquels « Pour la liberté de circulation » et « Pour la valorisation des luttes africaines ». Le thème de cette première journée fait honneur au continent hôte, puisqu’il porte sur l’« Afrique et les diasporas ».

En commémoration de la mort du professeur Cheikh Anta Diop le 7 février 1986, un comité diasporique d’étudiants et professeurs sénégalais profite d’un atelier pour philosopher sur le paradoxe suivant : grand penseur du panafricanisme et défenseurs d’une prise de pouvoir de tous les peuples africains au sein d’une grande fédération, le défunt professeur est mis au ban de la pensée politique sénégalaise. Ses ouvrages seraient introuvables - frappés d’une sorte de censure officieuse, leurs enseignements menacés d’oubli. Seul vestige en sa mémoire, l’une des plus grandes et des plus cosmopolites des universités d’Afrique de l’Ouest - tant du point de vue des nationalités que des origines sociales : Diop serait la seule université du Sénégal gratuite et accessible sans examen d’entrée.

Pour nuancer cette image positive de l’UCAD, on notera la déambulation sur le campus, aujourd’hui, d’un cortège de jeunes sénégalais (le mouvement des non-orientés), qui profitent de la visibilité que pourrait leur offrir le Forum pour dénoncer des conditions déplorables des bacheliers qui peinent à obtenir leur place dans le supérieur. Ils font écho à leurs aînés étudiants à Diop : les années 2000, nous confie un assistant du médiateur des conflits sociaux de l’université, furent celles de grèves cycliques des étudiants contre les mauvaises conditions d’enseignement, la piètre qualité ou la vénalité de certains cours, etc. Le témoignage de trois jeunes femmes travaillant pour l’organisation du FSM en tant qu’hôtesses volontaires nous fais nous interroger sur les raisons du faible écho du FSM sur la jeunesse sénégalaise, y compris sur les étudiants de l’UCAD pourtant politisés : au final, le Forum serait-il une bulle hermétique inapte à mobiliser la société civile « par la base », et réservée à une espèce d’« élite » des mouvements sociaux ?

La jeunesse, principal sujet de notre attention, est fortement représentée : outre le Camp des jeunes qui se tient à l’école polytechnique, un espace est dédié exclusivement aux conférences touchant de près ou de loin à l’implication des jeunes dans les mouvements sociaux et le FSM - il lui est dédié du moins en théorie, le champ de tentes montées près de la fac de sciences politiques restant relativement désert en comparaison à d’autres pôles du Forum.

Le monde arabe attire notre attention dans l’après-midi. Tout d’abord, les tensions éclatent entre deux camps représentés au Forum : des participants marocains s’en prennent à des déléguées Sahraouies. Plus tard, à la conférence « Les ONG du pourtour de la Méditerranée soutiennent les révolutions tunisiennes et égyptiennes », d’aucuns en appellent au soutien des dirigeants du Nord pour défendre les soulèvements populaires d’Afrique du Nord, tandis que d’autres conspuent ces mêmes dirigeants : l’Occident, disent-ils, a intérêt à continuer à bénéficier d’une main-d’oeuvre bon marché, et sa seule motivation en s’alliant aux révolutionnaires serait de continuer à déléguer au Maghreb la responsabilité de l’endiguement de l’immigration. Comme partout, l’ambiance est véhémente à l’encontre des gouvernements des pays « développés » ; mention est cependant rarement faite aux grands émergents tels l’Afrique du Sud, la Chine et l’Inde. Cette dernière, au secteur non-gouvernemental pourtant très actif, ne compte que quelques rares ambassadeurs isolés aujourd’hui, ce qui pose à nouveau la question de la représentativité réelle de la « société civile mondiale » au FSM.

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18 février 2011 5 18 /02 /février /2011 16:30

 

"A Dakar, une jeune bezonnaise participait au Forum social mondial et pour le L.A.B.' nous a trasmis ses impressions, sa vision de cette manifestation.

 

D'autres articles et photos de cette intiative altermondialiste vont nourrir notre BLOG. Nous remercions Isoline et ses amis. "

 

  forum social Dakar n°01

 

 

Dimanche 06 février 2011



Est-il besoin de rappeler que cette seconde édition du Forum Social Mondial (FSM) à se tenir en Afrique (depuis le FSM de Nairobi en 2007, et sans compter le FSM « polycentrique » de 2006) survient au beau milieu d’une crise économique, sociale, politique, écologique mondiale dont l’issue reste incertaine, en dépit des caquetages de « réforme du capitalisme » brandis par les dirigeants du G20 et autres huiles de Davos ? Pensé à l’origine comme un nouvel événement annuel privilégié permettant la rencontre entre organisations anti- ou alter-mondialistes, anticapitalistes et anti-néolibérales, le FSM s’est mué en un véritable « mouvement », dont le nombre de participants s’accroît en même temps que les divergences de leurs visions respectives.

Apôtre d’une nouvelle « gouvernance mondiale » et de la « diplomatie non-gouvernementale », le FSM en laisse certains pantois, d’autres dubitatifs. Rencontre périodique de la « société civile mondiale » dont la première édition eut lieu en 2001 à Porto Alegre, il exhibe pour nom un pied-de-nez au Forum Economique Mondial. En dix ans d’existance, le FSM a fait l’objet de nombreuses analyses et critiques, tant en interne de la part du milieu non-gouvernemental, des ONG et des mouvements sociaux, que de la part d’observateurs extérieurs (journalistes, universitaires, etc.).

Certains observateurs ont noté la distanciation du militantisme radical originel vers davantage de modération avec l’entrée de nouveaux acteurs traditionnellement plus conservateurs ou « professionnalisés » (mouvements religieux, grosses ONG et bureaux d’études du Nord, etc.), l’incompatibilité croissantes d’agendas au-delà du slogan utopique « Un autre monde est possible ». D’autres ont énuméré les projets de société complémentaires (mais potentiellement concurrentes) qui se rencontrent au FSM : pros-retour de l’Etat (dans la veine bolivarienne de Chavez, Morales, etc.) et de la réinvention de nouvelles formes de démocratie, ou adeptes du localisme et du retour à un mode de société plus organique et « conviviale », ou défenseurs de nouvelles institutions « démocratiques » mondiales (parlement international, Nations Unies réformées), ou encore partisans du lobbying à l’anglo-saxonne, ou enfin hérauts de l’amplification des réseaux (tant actuels que virtuels), le tout à la recherche des nouvelles formes de la gouvernance mondiale.

En raison des coûts élevés de participation (déplacements parfois considérables, hébergement, frais d’inscription), certains on a également craint de voir le FSM devenir un nouvel outil de perpétuation de domination impérialiste (des bailleurs et ONG du Nord finançant celles du Sud pour le FSM).

La crise mondiale - alimentaire puis financière et économique - initiée en 2008 a été paradoxalement accompagnée d’une perte de vitesse du mouvement altermondialiste, et du FSM, au moment même où l’échec des politiques néolibérales auxquelles il s’attaquait était jubilatoirement dénoncé par l’opinion publique internationale.

Dakar fait donc face à une problématique à présent bien installée : pourquoi le FSM peine-t-il à ce point à proposer (ou imposer) des dispositifs alternatifs à un système mondial décrié ?

L’année 2010 fut particulièrement gratinée en termes de régression sociale au Nord (avec les réformes appliquées à la Grèce, l’Irlande, la France, etc.). En France, le discours d’un gouvernement aux prises avec le mouvement de contre-réforme des retraites accentuait l’idée de division et de mise en compétition intergénérationnelle.

Refusant cette scission entre « jeunes » et « vieux », une dizaine d’étudiants fédérés au sein de l’Association Etudes et Développement (AED) inquiets de leur avenir, nous avons décidé d’aller chercher au Sud, en Afrique - continent à la population notoirement jeune mais indubitablement « entré dans l’histoire », et au FSM, les formes d’engagement anciennes et nouvelles de la jeunesse dans la société, aux niveaux local comme global. À nous donc la 9ème édition du FSM (il n’y en a pas eu en 2008 ni 2010), du 6 au 11 février 2011.

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 18:18

 

 

Par Raymond Ayivi

Notre ville a choisi de rejoindre « Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU) », une organisation mondiale de villes qui milite pour la paix et la solidarité dans le monde. Quelques jours plus tôt, entre le 10 et 16 juin, une délégation municipale, composée de M. Ourmières, premier adjoint au Maire, de Mme Eysseric, représentante de l’association Bezons - West Bani Zaïd et moi-même( adhérents au Laboratoire d'action de Bezons ), a séjourné en Cisjordanie pour s’enquérir des réalités de la Palestine à quelques semaines des élections municipales initialement prévues pour le 17 juillet 2010, aujourd’hui reportées sine die.

Des villes que nous avons parcourues, West Bani Zaïd, Naplouse, Ramallah et Jérusalem, il y a comme un sentiment d’impuissance mal vécu devant la détérioration de la situation socio-politique au Proche Orient, la colonisation qui continue de plus belle un peu partout, le nombre croissant de sans-papiers ainsi créé à Jérusalem, la question du blocus de Gaza, …, tout ceci suscite une ultime interrogation : les parties prenantes vont-elles aimer un jour la paix ?

 

Le 2 septembre 2010, les yeux et les oreilles du monde se tourneront vers Washington pour suivre les nouvelles du processus de paix relancé par le pouvoir américain après les pourparlers d’Annapolis de novembre 2007.

Cette relance du processus de paix semble tirer les leçons du passé en s’entourant du soutien du Quartet (USA, UE, ONU, Russie) et celui des pays arabes (Egypte, Jordanie, Syrie, …). La feuille de route est claire : au bout du processus qui devra durer un an, la paix doit être enfin possible! Toutefois, un certain nombre de préalables taraudent l’esprit.

D’une part, la question de la colonisation israélienne, a-t-elle trouvé une issue pour que son expansion cesse ? D’autre part, concernant Jérusalem, a-t-on réuni les conditions pour un règlement satisfaisant pour tous ?

Rien que sur ces deux points, une avancée significative pourrait redonner espoir aux populations des deux parties dont la plupart ne croient plus en des négociations éternelles.

 

Et l’Union Européenne (UE) dans tout ça ?

Pourquoi Catherine Ashton, la première diplomate de l’UE, boude-t-elle le rendez-vous du 2 septembre à Washington ? Quand pendant la phase transitoire de changement de pouvoir à Washington, l’Europe aurait pu prendre les rênes de cette relance du processus de paix, elle les a laissées filer. Maintenant, quelles explications pourraient justifier cette absence retentissante de l’UE aux négociations de Washington? Pour l’Europe, à mon humble avis, peu importe les stratégies de politique intérieure de Washington,  elle devra privilégier la relance du processus de paix.

 

A Washington le 2 septembre 2010, la paix peut avoir un pays, le Proche Orient; la paix peut avoir un visage, Jérusalem; la paix peut avoir un peuple, celui du Proche Orient !

Alors, à toutes les parties prenantes du processus de paix ainsi relancé, écrivons un  post-it  :                                                                

 

                                              

                                               Aimons enfin la paix

colombe

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 15:54

Comme en 2005, l’élection présidentielle du 04 mars 2010 au Togo fait grand bruit.
Malgré les 130 observateurs et un financement de plus de 16 millions d’euros fournis par l’Union Européenne pour sécuriser l’élection dans tous les sens du terme et un contingent de plus de 3000 observateurs au total, des dérapages énormes se font jour.
La période post électorale ressemble de plus en plus aux soubresauts des processus démocratiques des années 90 pendant les conférences nationales souveraines.
Alors, en cette période de crise, je m’interroge sur le bien fondé d'un budget de plus de 16 millions d'euros sous-traité à l’Agence Française pour le Développement (AFD) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui a conduit à :


1. des irrégularités énormes dans les transferts d'informations entre les bureaux de vote et les CELI (Commission Electorale Locale Indépendante) et CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) ; et surtout on a confectionné des bulletins électoraux sans souche ou avec des souches non vérifiables. Est-ce que cela répond aux standards internationaux ? Comment est-ce possible? A moins de nous expliquer qu’on « tropicalise » les standards en Afrique, sur le Golfe de Guinée notamment, au Togo, c’est le cas de le dire.


2. un financement de la sécurité par le biais de FOSEP (Force de Sécurisation de l’Election Présidentielle), cette force qui se retourne aujourd’hui contre la population qui manifeste contre l'absence de vérité des urnes; et surtout, elle s'arroge le droit anticonstitutionnel d'ingérence dans les propriétés privées au point d'usurper les résultats en possession de l’opposition, le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC); le silence de la Communauté Internationale n'a d'égal que le manque de contrôle de l'argent des contribuables européens ….

L’Union Européenne, l’Agence Française pour le Développement (AFD) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) peuvent-ils éclairer les citoyens européens ?

Raymond Ayivi
Conseiller Municipal de Bezons (95)
Membre du Bureau du L.A.B.'

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 19:04

Une ambulance Pour West Bani Zaïd.



P2130045
Pour faire entendre cet appel, un collectif d'associations a organisé une grande soirée de solidarité avec le peuple palestinien, et plus particulièrement avec les habitants de West Bani Zaïd, municipalité située en Cisjordanie, à environ 25 kilomètres au nord ouest de Ramallah.

Ce collectif était composé de 5 associations ; Bezons West Bani Zaïd, L'Association des Travailleurs Sans Frontières, (ATSF), Cultures Croisées, Le comité de Jumelage et Togo Education Culture (TEC).


Ainsi donc, ce samedi 13 février, 250 personnes ont participé à cette grande soirée. Tous ont apprécié l'ambiance conviviale et chaleureuse, la qualité des danses portugaises de l'ATSF; ainsi que le danses orientales accompagnées de percussions proposées par Cultures Croisées. Des plasticiens se sont aussi mobilisés avec la vente aux enchères de tableaux au bénéfice de cette action.


Et surtout tous ont bien compris combien il était important d'être solidaire avec le peuple palestinien soumis à une occupation illégale depuis plus de 60 ans, occupation dénoncée par le droit international.

Par leur présence, tous ont manifesté leur volonté de Paix et du respect du droit international pour la Palestine.

De l'avis de tous, unanimement, ce fut une belle et grande soirée, et pour une première fois, une grande réussite.                                                                                    

 

 

P2140108Salah Zebdi, Jean Contri, Raymond Ayivi, Marcel Prigent, José Da Costa

 

 

 

 

 

 

 


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