Merci, monsieur Sarkozy d’avoir refusé la Légion d’honneur à mon père. A 90 ans, il n’avait toujours pas de Rolex. Il n’avait été qu’un combattant de l’ombre. Un de ces Français qui s’était engagé dans le Brigades internationales pour combattre le franquisme en Espagne, et qui était entré en Résistance, dès le début de la guerre. Sur sa carte des FFI, il est précisé : « septembre 1940 ». Grièvement blessé en avril 1945 dans les derniers combats de la Libération, à la Pointe de Grave, il avait survécu, le corps criblé d’éclats de métal. Pas un jour ne s’est passé sans qu’il ressente dans sa chair le prix payé pour que nous soyons libres. Aux yeux de ceux qui nous gouvernent, ce n’était pas suffisant pour lui attribuer le ruban rouge. Il en aimait la couleur. Il était communiste. Il n’est plus. Je sais qu’il n’aurait jamais pu arborer la même rosette que celle qui vient d’être attribuée au sanglant dictateur saoudien junior, par votre successeur Français Hollande !
Oh oui, tel que je l’ai connu, mon père l’aurait retourné fissa, ce bout de chiffon, rouge de honte ! Alors, pour la première et unique fois, je vous dis merci, monsieur Sarkozy !