COMITE DE DEFENSE DE L'HOPITAL D'ARGENTEUIL
ET DU DROIT A LA SANTE POUR TOUS
HOPITAL ? SANTE ? OU EN SOMMES-NOUS ?
Venez en débattre
MERCREDI 25 FEVRIER A 20H30
Salle Gavroche - 35 rue des Barentins – Bezons
AVEC
Christophe Prudhomme : Médecin urgentiste - Membre du Haut Conseil pour l'Assurance Maladie - Co-auteur de la publication "Contre les prédateurs de la santé"
Paul Cesbron:Membre du bureau de la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité.
La loi santé de Marisol Touraine va être mise en discussion à l'Assemblée nationale dans les jours qui viennent. Prête depuis plusieurs mois, elle est déjà contestée aussi bien par les personnels que par les usagers. C'est pourquoi sa présentation a été retardée, le gouvernement ayant fait voter auparavant la loi de financement 2015 pour la Sécurité Sociale. C'est une démarche anti démocratique et scandaleuse puisqu'elle enferme le débat public dans un carcan financier préétabli.
De plus, Mme Touraine a organisé une vaste opération médiatique autour de l'annonce de la généralisation du tiers payant, alors que, sans aucun moyen prévu pour sa mise en oeuvre, il était évident que cela provoquerait des réactions pour une part justifiées, mais aussi récupérées par la droite et le secteur privé.
Ce rideau de fumée sert à cacher le fait que cette loi ne répond pas aux besoins et ne permet pas de diminuer la proportion de plus en plus importante de la population qui est contrainte de renoncer à des soins nécessaires. Même si elle allait à son terme la généralisation du tiers payant ne suffirait pas à résoudre ce problème. Il resterait nécessaire d'avoir une assurance complémentaire au lieu de reconquérir progressivement le remboursement complet par la Sécurité Sociale des soins prescrits.
Cette loi ne supprime ni les franchises et forfaits divers, pas plus que les dépassements d'honoraires dont "l'encadrement" n'a eu comme effet que d'inciter plus de médecins à les pratiquer! Elle ne permet pas non plus de lutter contre les profits pharaoniques des multinationales du médicament qui grèvent le budget de la Sécu.
Elle ne remet pas en cause les fermetures de services et d'établissements qui continuent à se multiplier en application de la loi HPST (Sarkozy-Bachelot).
En réalité, alors qu'on nous avait promis l'abrogation de la loi Bachelot, non seulement elle est maintenue, mais la loi Touraine poursuit sa mise en oeuvre et l'aggrave encore.
Plus que jamais, notre système de santé et de protection sociale est attaqué de tous côtés.
C'est maintenant la cour des comptes qui prétend décider de la fermeture des maternités sur des critères parfaitement arbitraires. Depuis quand les énarques de cette institution reçoivent-ils une formation médicale leur permettant de juger de la qualité des soins prodigués ?
C'est le Conseil d'Etat qui attaque le monopole de l'Etablissement Français du Sang en lui interdisant la fabrication de plasma thérapeutique à partir du sang colleté gratuitement , pour ouvrir le "marché" à la firme suisse Octapharma. C'est une première étape vers l'objectif de la privatisation du corps humain et la remise en cause d'un principe éthique fondamental basé sur la solidarité.
Il y a urgence à prendre des mesures pour stopper le démantèlement de notre système de santé et améliorer dès maintenant l'accès aux soins pour tous.
Il est nécessaire de se mobiliser pour construire une autre politique de santé qui permette que le droit à la santé redevienne un droit pour tous, conformément aux principes d'égalité, d'universalité et de solidarité qui ont présidé à la création de la Sécurité Sociale.
Il est évident que, dans ce contexte, l'hôpital d' Argenteuil subit aussi les méfaits de cette politique. Alors que les efforts considérables demandés aux personnels avaient permis de revenir à un équilibre budgétaire, la réduction des budgets alloués a pour conséquence de nouveaux déficits ( 1,5 M€ en 2013 et une estimation de 4,5M€ en 2014).
Cela amène de nouvelles fermetures de lits, des suppressions de postes, une flexibilité imposée avec des remplacements à minima rendant plus difficiles les conditions de travail du personnel. C'est aussi la recherche de la diminution drastique de la durée d'hospitalisation. On fera bientôt sortir les malades à peine descendus de la table d'opération. Certes le développement de la médecine ambulatoire est un grand progrès et il ne s'agit pas de garder des patients inutilement, mais il est dangereux de les faire sortir trop tôt alors qu'il n'y a pas suffisamment de médecins et d'infirmières de ville pour assurer le suivi.
Le financement de la suite des travaux de reconstruction, dont la maternité, n'est toujours pas obtenu, l'ARS ayant donné priorité à une opération public- privé en Seine et Marne.

Des questions se posent également sur ce qu'il adviendra de l'hôpital dans le cadre de l'intégration d'Argenteuil dans Paris-métropole.
L'expérience l'a montré : c'est la mobilisation de tous qui permet d'avancer. Il est donc important que nous intervenions tant sur la situation propre de l'hôpital que sur le contenu d'une loi qui influera sur son avenir et sur les conditions d'accès aux soins auxquelles la population de notre territoire sera confrontée. Ensemble nous avons déjà sauvé cet hôpital, puis les services de radiothérapie et de rythmologie. Continuons!
Venez nombreux à la rencontre du 25 février et invitez largement autour de vous les gens à y participer. C'est notre avenir à tous qui est en jeu. Construisons-le ensemble.
Comité de Défense de l'Hôpital d'Argenteuil et du Droit à la Santé pour Tous - Hôtel de Ville - 95870 BEZONS
Christiane Leser - 06 84 33 66 41 - christianeleser@wanadoo.fr - BLOG / cddha.wordpress.com
Communiqué
de la
COORDINATION NATIONALE
des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités
de proximité

LA COORDINATION NATIONALE DES COMITÉS DE DÉFENSE
DES HÔPITAUX ET MATERNITÉS DE PROXIMITÉ
est à nouveau scandalisée par la manière dont on traite l'accès
aux soins et aux maternités dans notre pays.
Nous avons déjà perdu les 2/3 des maternités en France, et
près d’une dizaine de départements n'ont plus qu'une seule maternité.
La fermeture des maternités a conduit à la limitation de l’accès à l’IVG
qui leur était lié, sans compter la disparition de plus d’une centaine de
centres dédiés.
Des femmes accouchent sur les routes, dans les ambulances,
les camions de pompier, les urgences quand elles existent encore...
L'éloignement accru accentue les coûts, les drames psychologiques,
les pertes de chance. En multipliant les transferts des patientes et de
leurs ami-e-s ; cet éloignement contribue également aux dégâts
écologiques.
Et aujourd’hui, une nouvelle liste de fermetures, qui plus est
non limitative, est proposée par la Cour des comptes.
La casse va donc désespérément s'accentuer !
Or la politique désastreuse menée depuis près de 30 ans qui
s’est traduite avant tout par la fermeture en masse des maternités, n'a
eu aucun effet, au contraire, sur la mortalité infantile et maternelle.
Nous régressons en ce domaine, donc l'intelligence exigerait qu'on
fasse une autre politique, et qu'on sache s'inspirer des rares
documents scientifiques sur ce problème.
Qui cite aujourd'hui le rapport auquel a participé E. Combier (1)
qui montre sans l'ombre d'un doute le lien entre éloignement et
surmortalité ? Voila un élément que l’on aimerait voir
avancer.;;;;;.......................................
De soi-disant experts remettent en avant l'insécurité, les
problèmes financiers, le manque de personnels... pour justifier les
fermetures supplémentaires à venir. On nous ressort le quota sans
aucun fondement des 300 accouchements, comme si le nombre
d'accouchements était une garantie en soi. Même les pouvoirs publics
n'en tiennent pas compte, la preuve, on a fermé des structures qui
faisaient 800, 1500, 2000 naissances par an et
plus...........................................................................................................
............Pire, en supprimant des maternités, on concentre les
accouchements dans des "maternités usines" de plus en plus
éloignées, inhumaines et stressantes. On remet en question la
gradation des soins et l’organisation en réseau de périnatalité prévue
en fonction de l’état de santé de la mère et de l’enfant (maternités de
niveau 1, 2 et 3).
TOUTES LES MATERNITÉS DE PROXIMITÉ SONT
INDISPENSABLES.
TOUS LES CENTRES IVG DOIVENT ÊTRE MAINTENUS.
IL FAUT ROUVRIR LES STRUCTURES NÉCESSAIRES !
LA SÉCURITÉ, l'ÉGALITÉ, l'AMÉNAGEMENT ÉQUILIBRÉ DU
TERRITOIRE SONT PLUS QUE JAMAIS INDISPENSABLES.
AINSI QUE LA PRÉSERVATION DE LA DIMENSION HUMAINE DU
SOIN.
Des pouvoirs publics responsables doivent partir des besoins des
personnes et des territoires, pas de considérations comptables,
administratives et budgétaires.
Un gouvernement doit avec les structures en difficultés ou fragiles
(et ce n'est pas une question de taille), les aider et les renforcer, et non
pas utiliser n'importe quelle argutie pour justifier de leurs
restructurations/destructions... Il faut fournir les moyens humains,
matériels, financiers et en particulier affecter les personnels là où
c’est nécessaire. C'est une question de volonté et de courage
politique, pas autre chose.
Nous opposons à la logique de rentabilité celle du droit à
l’accès aux soins et au droit à la santé pour tou-te-s. Cela passe
par la défense et l’amélioration de tous les services publics de
proximité et par une autre politique de santé.
Le 25 janvier 2015
(1) http://www.canalu.
tv/video/canal_u_medecine/adelf_emois_2012_territoires
_de_vie_sante_perinatale_et_adequation_des_services_de
_sante_influence_des_temps_d_acces_a_la_maternite_la_
plus_proche_sur_les_resultats_de_sante_perinatale_en_b
ourgogne.8645
Contacts
Hélène Derrien : 06 77 36 35 98
Paul Cesbron : 03 44 25 39 91
Michel Antony : 06 63 82 28 24
Rolland Vachon : 05 49 66 37 05