Laboratoire d'Actions pour Bezons (LAB'). Groupe de réflexion et d’action pour une ville toujours dynamique,solidaire et ouverte sur le monde
On nous dit qu'il ne faut pas laisser couler l'eau du robinet quand on se lave les dents (c'est bien!)
On nous dit qu'il faut trier ses déchets (d'accord!)
On nous dit qu'il faut faire des économies d'énergies (très bien!)
On nous dit qu'il faut protéger la planète (alors là, WAOUH!!)
Surtout on ne nous dit pas ce qu'est réellement le développement durable (ah bon?!)
Le développement durable apparaît officiellement en 1987 dans un rapport écrit par le 1er ministre norvégien, Mme Gro Harlem Brundtland (eh oui, une femme!!). La définition y est donnée : « le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».
Et pourtant, quelques années auparavant, Antoine de Saint-Exupéry (1900 – 1944) écrivait « Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants » (Phrase qu'il semble avoir repris d'un vieux proverbe amérindien). (Ainsi donc, ce serait une idée plus ancienne).
Le développement durable devient un enjeu mondial lors de la conférence des Nations Unies, à Rio en 1992, conférence qui a pris le nom de « 1er sommet de la terre ». Cette conférence adopte 27 principes, dont le premier, n'est pas le moindre car il en est le socle fondamental : article 1 « Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature. »
Il en suit 26 principes qui appellent à la transformation radicale des rapports sociaux et économiques:
« Les États et les peuples doivent coopérer de bonne foi et dans un esprit de solidarité à l'application des principes...(art.27). » ou encore « Tous les États et tous les peuples doivent coopérer à la tâche essentielle de l'élimination de la pauvreté, qui constitue une condition indispensable du développement durable, afin de réduire les différences de niveaux de vie et de mieux répondre aux besoins de la majorité des peuples du monde.(art 5) »
Nous sommes loin de la libre-concurrence des marchés, de la spéculation financière et de l'AGCS.
Le développement durable appelle à la Paix, à l'accès au savoir pour tous et à la participation citoyenne dans tous les domaines: « Le public doit être impliqué dans les décisions ...(art 10) ».
Bien sûr, le développement durable s'enracine dans la protection de notre environnement, mais pas pour faire joli. Il s'agit bien de protéger notre environnement, car notre vie, notre avenir et celui de nos enfants, en dépend. On ne protège pas la planète pour elle même, mais bien parce que nous vivons dessus.
Oui les arbres absorbent le Co2 et fabriquent de l'oxygène. Oui l'eau nous est vitale. Oui les abeilles nous permettent de manger des fruits. Et oui les plantes fournissent la base de nombreux médicaments.
Les pollutions en tout genre, tel que le carbone dans l'atmosphère, le mercure dans l'eau ou encore les pesticides dans les aliments sont nocifs. Cela nous empoisonne, cause des maladies graves, et même la mort.
Avoir de la nourriture saine, manger « bio », n'est pas une lubie, mais bien un droit fondamental qui devrait être pour chaque individu sur la terre.
Ne nous laissons pas berner par certains discours ambiant, n'oublions pas que le mot « consommation » a été inventé dans les années 70 par la Société Carrefour, que le groupe total s'est dotée d'une belle fondation développement durable, et que l'entreprise Mosanto dit cultiver les OGM pour notre bien à tous.
Alors oui, le développement durable est antinomique avec le capitalisme, qui lui place l'argent au centre de ses préoccupations, et cela à n'importe quel prix, même humain.
Alors non, le développement durable n'est pas la propriété des écologistes.
Il s'agit bien d'une démarche politique, participative, évolutive, qui se construit avec et pour tous et qui repose sur 4 piliers: le social, l'économique, l'environnement et la participation citoyenne.
Christine Sanguinède