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Laboratoire d'Actions pour Bezons (LAB'). Groupe de réflexion et d’action pour une ville toujours dynamique,solidaire et ouverte sur le monde

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Première rencontre Val d'oisienne du logement 5 février 2011 organisée par le collectif 95 du logement

 

 

rencontre logt n°1

 

 

 

PREMIÈRE PARTIE DE LA RENCONTRE

 

 

Interventions

 

 

 

Présentation de l'initiative par Dominique Lesparre, maire de Bezons.

 

 

L'objectif de cette première rencontre val d’oisienne du logement est d'inscrire dans la durée cette démarche et de préparer, pour la réussir, l'initiative du 2 mars à la Préfecture: "Pour un droit au logement partout et pour tous".

Les organisations présentes aujourd'hui agissent sur cette question du logement avec les objectifs d'action qui peuvent être divers. Mais nous le savons, la question du logement en France est un véritable scandale:

- Désengagement de l'état sur le logement HLM. L'investissement de l'état est passé de 716 millions en 2009 à 270 millions en 2010.

- Pillage du 1% logement et ponction sur le Livret A

- Crise  du  logement  construit  depuis  20 ans : il manque 900 000 logements et le déficit se creuse. Dans le Val-d'Oise, nous le verrons, c'est pire encore.

- Article 55 de la loi SRU n'est pas respecté

- Dans le Val-d'Oise, 25 villes ne respectent pas la loi SRU.

- La loi DALO est également inappliquée et inapplicable sur certains aspects. La loi DALO remet en cause la mixité des villes qui comptent déjà plus de 40% de logements sociaux.

- Le coût du logement pour les familles est de plus en plus élevé. Plus on est pauvre, plus la part consacrée au loyer est élevée.

- La spéculation immobilière organisée par le pouvoir: l'accession impossible pour les plus pauvres et les couches moyennes. C'est 10 milliard d'euros investis par l'Etat pour soutenir la France des propriétaires et seulement 270 millions pour le logement social.

 

 

Le plus grave ce sont ces familles qui vivent le mal-logement, des femmes et enfants sont dans la rue, les marchands de sommeil s'enrichissent sur les plus défavorisés qui occuppent bien souvent des logements indignes.

Tout ceci n'est plus supportable. Il nous faut bousculer fortement tout cela.

À Bezons, plusieurs actions ont été entreprises:

·         Janvier 2010: Assises du logement

·         La lutte contre la loi Boutin (pétition)

·         L'aide aux locataires et aux demandeurs à s'organiser ont été mis en avant, avec une aide à la création d'amicale permet d'agir sur le logement social.

·         Les deux rallyes pour le droit au logement.

·         Une manifestation chez Logirep avec l'amicale des Brigadières.


Bezons c'est 4 400 logements sociaux, 1 000 en prévision sur 6 ans, 1 400 demandeurs. 200 bezonnais ont été relogés en 2010, et 110 demandeurs ne venaient pas de la commune. Il n'y a plus de solution locale, il faut donc à présent étendre nos actions à tout le département.

 

 

 

 

 

Intervention de Cécile Sellier, CGT A.B Habitat

Etat des lieux du logement dans le département.

 

Quelques données sur notre département

- Population du Val d’Oise : 1 180 000 habitants

- Nombre de logements: 451 000

- 113 470 logements sociaux gérés par 46 organismes

- Les loyers sont en moyenne 2 fois moins élevés dans le secteur social par rapport au secteur privé

- Le taux de vacance de plus de trois mois est de 0,90%

- Le taux de mobilité est de 6,71%

 

Le parc locatif privé et public

- 290 000 personnes sont logées dans le parc locatif du Val d’Oise

- 8 000 attributions par an (2008)

- 42 000 ménages logés dans le parc locatif social bénéficient de l’APL, soit environ 42.6% des ménages

- 35 000 demandeurs de logement social dans le Val-d'Oise

 

La loi du Droit Au Logement Opposable

- 11 000 familles remplissent les critères de publics prioritaires dans le cadre de la loi DALO

 

Logements insalubres

20 000 logements sont considérés comme potentiellement indignes

- 3000 sans domicile fixe dans le Val-d'Oise

 

Non respect de la Loi SRU votée en 2000

En 2010, 25 villes hors la loi dans le département.

Ce sont 6000 logements qui devraient être construits dans ces villes pour atteindre l’obligation de 20% de logements sociaux

 

Répartition inégale des logements sociaux sur le département

- 60% du parc social se situe dans 13 villes sur les 185 villes composant le Val d’Oise

- La moitié des villes du Val d’Oise n’ont aucun logement social

 

Villes Hors la loi : Que fait le préfet ?

- Non respect de la loi Besson concernant l’obligation de construire des aires pour les gens du voyage.

- 20 ans après le vote de cette loi imposant la création de 1035 places sur le Val d’Oise, il n’y a que 260 places.

 

Les constructions dans le Val d’Oise

- 4000 logements construits par an sur le Val d’Oise

Seulement 30% sont des logements sociaux

- Le SDRIF estime à 6 900 le nombre de logements à construire par an sur le Val d’Oise


Le droit au logement opposable

- Dans ces conditions la Loi DALO ne fait que réorganiser la file d’attente des demandeurs de logement. Cela a également comme effet pervers l’accentuation de la ghettoïsation.


Ceux qui ont un logement rencontrent de plus en plus de difficultés à faire face

- à la flambée des loyers et des charges et la baisse de l’APL

- au remboursement des prêts pour les propriétaires

- La loi Boutin remet en cause le droit au maintien dans les lieux et accentue la ghettoïsation avec ce surloyer

 

Pourquoi cette situation ?

- La cause principale est le désengagement de l’Etat en matière de politique de logement, alors que c’est de sa responsabilité et qu’il est le garant de la solidarité nationale

 

Le budget logement de l’Etat ne cesse de diminuer, il passera de 630 millions à 60 millions entre 2010 et 2013.

 

 

Comment  est  financé   le logement social ?

- La subvention de l’Etat représente seulement 3%

- Fonds propres des organismes Hlm constitués grâce à la flambée des loyers est entre 10% et 20%.

- Les subventions des collectivités locales et autres représentent entre 8% et 15%.

- Prêt ou subvention du « 1% logement » = 2,5%

- Le reste est financé par un prêt de la CDC. C’est cet emprunt qui sera remboursé par les loyers

 

Menaces sur le Livret A

- Le livret A permet d’alimenter la Caisse des Dépôts pour financer le logement social

- De graves menaces pèsent sur le livret A depuis que le gouvernement a décidé de l’ouvrir aux banques. D’une part, c’est priver la CDC de moyens de financement du logement et d’autre part les banques risquent de détourner cette épargne populaire pour des opérations spéculatives

 

Le « 1% logement » en danger

- Détournement des cotisations des salariés dans le cadre du 1% logement pour compenser le désengagement de l’Etat dans le cadre de l’ANRU au détriment de la construction de logements pour les salariés

- Le 1% logement est en dangerpuisqu’aujourd’hui il est dépensé davantage que ce qui est collecté.

- Même dans le cadre de l'ANRU, la collecte du 1% ne suffit pas à couvrir les dépenses.


Cadeaux pour les riches

- Dans le même temps, l’Etat fait 360 millions de cadeaux fiscaux aux riches investisseurs privés pour le logement locatif privé au prix du marché (dispositifs De Robien, Scellier, …)

- Le logement privé est 2 fois plus aidé que le logement social

 

La pénurie de logement engendre également

- La flambée des loyers

- La spéculation foncière, le prix du foncier pèse de plus en plus dans le coût de la construction de logement


Face à cette situation: que faire ?

- Le logement n’est pas une simple marchandise, c’est un droit

- Il faut donc faire du droit au logement pour tous et partout une priorité.

 

Interpellons les responsables et attaquons nous aux causes de cette situation

- Pour le droit au logement pour tous et partout il faut agir ensemble pour:

·         stopper le désengagement de l’Etat et l’affectation au budget du logement 2% du PIB de la nation (actuellement il est de 1,1%)

·         s’attaquer à la spéculation foncière

·         Faire appliquer les lois SRU – Besson en conditionnant les aides publiques au respect de ces lois

 

Pour cela il est indispensable de

- Mettre en place un véritable Service Public de l’Habitat

- Développer la démocratie par de véritables lieux de concertation et de décision (élus, organisations, associations, bailleurs...)

- Mieux associer les locataires à la gestion, aux décisions chez les bailleurs


Ensemble sur le Val d’Oise

- Interpellons le représentant de l’Etat,

- Poursuivons les rallyes des villes « hors la Loi »

- Agissons pour obtenir les moyens de répondre aux besoins des habitants

- Luttons contre la flambée des loyers

- Favorisons le développement d’amicales de locataires

- Empêchons les expulsions

 

Exigeons l’abrogation de la Loi BOUTIN

- qui casse la mixité sociale et favorise la constitution de ghettos (augmentation du plafond de ressources pour l’accès au HLM et du surloyers,)

- qui remet en cause du droit au maintien dans les lieux,dérégule des loyers HLM,

- accélère des mesures d’expulsion, etc….

 

 

 

 

 

Intervention de Claire Exertier, volontaire d'ATD Quart Monde en mission dans le Val d'Oise

 

 

En équipe, nous sommes de plus en plus régulièrement interpellés, par des travailleurs sociaux, des bailleurs, ou par les familles elles-mêmes pour de l'aide au niveau de la recherche d'un logement.


Face à la crise du logement, de plus en plus de familles sont condamnées à vivre dans des logements insalubres, dans des caravanes ou encore dans l'errance.

 

Nous sommes en liens avec des familles qui vivent depuis des mois dans des hôtels, ou dans des squatts, ou encore dans des logements trop petits, parfois très chers.

Vivre dans ces conditions peut signifier être malade à cause de son logement s'il est dégradé ou insalubre, en avoir honte, ne pas pouvoir recevoir chez soi ;

ne pas avoir d'endroit à offrir à ses enfants pour qu'ils puissent faire leur devoirs ou dormir sereinement pour reprendre des forces et retourner à l'école ;

ne pas pouvoir se faire à manger si l'on vit à l'hôtel, ne jamais se sentir chez soi si l'on est hébergé.

 

Vivre dans l'errance, c'est souvent devoir recourir quotidiennement au 115 et ne jamais savoir où l'on va dormir la nuit suivante ;

c'est vivre dans un sentiment de peur, d'urgence, de déchirement : il faut abandonner ses affaires, se détacher de son histoire, il faut quitter ses repères, ses sécurités, pour affronter une période plus ou moins longue et douloureuse.

C'est aussi parfois perdre courage, baisser les bras, ne plus voir d'issue.

 

Sandra s'est retrouvée à la rue après une expulsion pour une dette de loyer, due à une perte d'emploi. Pendant quelques mois, elle a pu être hébergée, mais très vite la cohabitation a tourné court ; alors elle a dormi dans la voiture qu'une de ses amie lui a loué, 2€ par nuit, et qu'elle venait rechercher chaque matin pour partir travailler.

La commune où a pourtant vécu Sandra pendant 31 ans lui a refusé dans un premier temps de renouveler sa demande de logement, au titre qu'elle n'était plus de la commune et hébergée ailleurs (mais de manière très temporaire et fragile). C'est parce que je l'ai accompagnée et que j'ai fait valoir le fait que Sandra recevait toujours du courrier sur la ville, chez sa famille, que nous avons pu faire renouveler la demande ; sinon je me serai tournée vers la Préfecture, mais Sandra a très mal vécu ce refus, se sentant totalement niée ou même rejetée par sa commune natale !

Et on nous a tout de même bien dit qu'il faudrait beaucoup de patience à Sandra, car il y a très peu de proposition de logement social, alors encore moins pour les gens comme elle au RSA.

Le dossier DALO de Sandra s'est transformé en hébergement, et on vient de lui proposer une piste pour une résidence sociale, un petit 10m2, ou elle pourra souffler pour mieux repartir dans ses démarches.

 

Julie a eu de nombreux enfants ; aujourd'hui, il lui en reste 4 à charge, dont une fille handicapée. Julie fait partie de la communauté des gens du voyage, mais elle n'en peut plus de la vie en caravane, sur un terrain où ils sont juste tolérés et vivent dans la peur de l'expulsion permanente.

Ils vivent tout au bout d'un chemin cabossé, où les riverains viennent déverser leurs poubelles, et que plus personne ne veut emprunter (le taxi pour accompagner sa fille à l'école, le livreur d'eau, le facteur ou les pompiers...).

Dans la mairie de sa commune, on lui a déjà refusé de faire une demande de logement, au titre qu'elle était “des voyageurs” ; Julie n'a pas su répondre et est repartie tête basse.

Là encore, c'est parce que je l'ai accompagnée qu'on lui a tendu de mauvaise grâce un dossier à compléter, pour qu'elle puisse enfin au moins exister sur la liste de demandeur de logement !

Mais Julie touche juste les allocations familiales et un petit bout de RSA, elle est marquée par son histoire et celle de sa famille, quelle chance ont-ils de pouvoir enfin accéder à un logement en dur ?

 

Firmin est en France depuis 20 ans ; il n'a jamais eu de bail à son nom, il est hébergé à droite à gauche chez des amis à qui il loue, pour des montants souvent très élevés, une petite chambre dans leur appartement.

Toujours il se sent de trop, toujours il sait qu'on peut lui demander d'un moment à l'autre de partir... comment alors construire sa vie quand on vit dans cette insécurité permanente ?

Ce qui fait tenir Firmin, c'est son travail, en tant que veilleur de nuit dans un foyer d'hébergement... où paradoxalement il ne peut pas être hébergé.

Parce que nous l'avons épaulé, une proposition de logement arrive enfin ... mais là, le bailleur lui demande sans cesse des papiers, toujours plus de papiers, qui datent sur des années en arrière : par exemple ses contrats de travail depuis 2000, et des attestations des employeurs ! Bien sur Firmin sait qu'il faut garder tous ses papiers, mais en vivant chez les autres depuis des années et en ayant bougé énormément, il en a égaré certains. Finalement, le logement ne lui sera pas attribué, un autre candidat dont le dossier aura été plus facilement et rapidement constitué étant retenu.

 

Antoine et Josiane, tous les deux au RSA, se sont vus refuser par le bailleur un logement pourtant proposé par le DALO, au motif que leurs revenus sont insuffisants ! Mais comme nous l'a fait si bien remarquer Antoine, « ce sont pourtant les minimas sociaux décidés et décrétés par l'Etat... normalement un minimum pour vivre dignement non ?... »

Et alors quelle liberté pour les gens lorsqu'ils n'ont rien et qu'on leur offre enfin un toit ? Et quelle humiliation !

Heureusement pour eux, il y a eu une autre proposition grâce au DALO, qui cette fois a pu aboutir.

 

ATD Quart Monde fait partie des associations à l'origine de la loi DALO ; nous croyons en cette loi, lorsqu'elle est appliquée justement, c'est à dire lorsqu’elle fait effectivement ressortir le grand nombre de personnes reconnues comme étant prioritaires à reloger d'urgence, et en parallèle le manque criant de logement, et qu'elle peut ainsi mobiliser tous les acteurs du logement pour faire avancer cette question tragique.

 

Le DALO a créé une première étape pour que se mette enfin en place un recours pour les personnes dont le droit est bafoué.

Elle doit nécessairement être suivie par une seconde étape pour être un levier de mobilisation générale pour produire une offre de logement adaptée aux besoins de tous. Cette étape suppose que les citoyens se mobilisent pour soutenir leurs élus pour qu'ils construisent des logements sociaux adaptés. Cela suppose aussi un véritable engagement de la part de l'Etat, dans un partenariat et une confiance mutuelle avec les collectivités locales ; ainsi que certainement une action sur le foncier pour que les terrains valent moins chers.

 

Nous devons rester vigilants pour que cette loi ne se retourne pas contre les plus pauvres eux mêmes.

Nous savons bien que certaines communes sont déjà confrontées à une situation très difficile, et qu’à cause de l’insuffisance de logements sociaux, et surtout de logements très sociaux, dans les faits ce sont ces communes, déjà solidaires, à qui l'on demande d'exercer encore et toujours plus de solidarité.

 

Pourtant, qu'il est difficile d'entendre que les “labélisés DALO prennent la place des autres” ou que l'on parle “Des DALO, CES familles DALO”.... créant une nouvelle catégorie à montrer du doigt, alors que ce sont des familles qui ne demandent qu'un toit.

Nous savons bien que le droit au logement est un droit au cœur de tous les autres, dont ils dépendent, c'est un droit nodal, un droit vital!

Il est nécessaire que se mette en place une politique globale sur le logement, qui évite ainsi de diviser les catégories sociales et d'isoler encore plus les personnes les plus vulnérables, les plus démunies.

 

Plusieurs familles que nous accompagnons ont pu accéder à un logement grâce à cette loi : une jeune femme qui a pu accueillir enfin chez elle son enfant placé depuis sa naissance ;

des familles de gens du voyage à qui les bailleurs ont fait confiance, en particulier parce que les hommes travaillent ;

un homme se retrouvant à la rue après la mort de son père, locataire en titre du logement...

des personnes fragiles et fragilisées qui n'auraient sinon surement jamais vu leurs dossiers arriver en haut de la pile ou passer la rude sélection des commission d'attribution.

 

 

 

 

Intervention de Christophe Driesbach, porte-parole du collectif Jeudi noir

 

 

 

Cette idée de mettre des pancartes sur les villes me plait beaucoup. Une des premières actions à laquelle j'ai participé quand je suis arrivé à Jeudi Noir ça a été de mettre des affiches sur les logements vides dans Paris. Pour dire à l'état qu'il y a des immeubles vides et qu'il peut faire quelque chose.

Jeudi Noir est un collectif qui existe depuis 2006, au début il dénonçait le prix de loyers, principalement pour les chambres étudiantes et puis les jeunes travailleurs.

Au début on a commencé parce que c'était des étudiants. Ils sont devenus jeunes travailleurs et se sont rendus compte qu'il n'avait toujours pas les moyens de se loger, donc on a continué. On s'est rendu compte que dénoncer le prix des loyers c'était bien, mais que ça ne nous permettait pas de trouver où se loger.

Et c'est comme ça que l'on a commencé, en se mettant en contact je dirais avec des squatteurs, je dirais un peu plus anciens à ouvrir des squats pour dénoncer le manque de logement, et le fait qu'il y ait une loi qui existe pour la réquisition et le fait qu'elle ne soit pas appliquée.

Elle l'a déjà été en fait à plusieurs reprises, par des gouvernements de gauche comme de droite, mais là le gouvernement fait un blocage psychologique, refuse totalement cette application.

Le squat c'est illégal, on le sait, on l'assume, ce n’est pas de gaieté de cœur, on n'est pas opposé aux lois, mais simplement on n'a pas le choix.

Jeudi c'est aussi beaucoup de militants qui ne vivent pas en squat, moi-même je n'y vis pas, j'ai la chance d'avoir un appartement. Il y a donc un soutien derrière, et une volonté politique de faire bouger les choses.

Il faut savoir que Jeudi Noir a eu quelques squats emblématiques, jamais plus d'un en même temps, et c'est assez médiatisé, mais le squat à Paris, c'est beaucoup plus large.

Une étude à Paris en 2002, indiquait qu'il existait à peu près 800 squats et que ça touchait presque 3000 personnes. Ce chiffre est à relier avec le nombre de personnes qui vont dans les CHRS.

Car si on veut appliquer la loi « anti-squat », on va doubler le nombre de personnes qui vont dans les centres d'hébergement d'urgence qui sont déjà pleins. Donc on ne peut pas expulser tout les squatteurs, on ne peut pas démolir les bidonvilles, comme ceux qui se recréent principalement autour des voies ferrés ou des canaux.

Il faut avoir des vraies solutions de relogement, et ce n’est pas avec la répression policière qu'on réglera le problème, on éloignera les pauvres encore un peu plus, peut-être qu'on les fera disparaître de la vue de certains, mais certainement pas de la réalité.

C'est pour ça que Jeudi Noir agace le gouvernement actuel, parce que nous mettons en avant que des gens vivent dans les squats et qu'ils n'ont pas d'autres choix et que le gouvernement, l'état peut faire quelque chose. On parle de la construction de logements sociaux, c'est évidemment qu'il faut construire du logement, et pas seulement sociaux d'ailleurs, on n'y échappera pas. Mais la réquisition peut amener au moins à réduire un peu la crise. Il y a 900 000 logements qui manquent en France et c'est sur qu'il n'y en a pas 900 000 à réquisitionner, mais si on en réquisitionne une partie, ce sera toujours ça de pris et incitera peut-être les propriétaires qui gardent des logements vides à les remettre sur le marché.

On est dans l'illégalité en squattant, et en même temps on essaye aussi de faire des propositions, qui sont parfois reconnues, le collectif est déjà intervenu au ministère pour des points précis sur la loi Molle, pour essayer d'orienter des lois en faveur des habitants plutôt que des grands propriétaires. Mais on est dans l'illégalité et on est très lourdement condamné. La plupart des squats se terminent par une expulsion, au bout d'un certain temps, et être expulsé c'est déjà un drame, mais il y a aussi les condamnations financières, pour l'instant c'est ça qui nous fait le plus peur.

Parce que il y a beaucoup de logements vides, quand on nous expulse on ouvre un nouveau squat, donc c'est une errance, on est nomades un peu malgré nous, mais ça permet de retrouver un toit malgré tout.

Les condamnations financières sont extrêmement lourdes, là par exemple on attend un procès où à huit jeunes squatteurs la propriétaire demande 450 000 € d'indemnités pour avoir occupé un immeuble qui était vide depuis dix ans. Depuis qu'ils ont quitté l'immeuble il y a un an et demi il est toujours vide, la propriétaire n'a aucun projet et reconnaît que de toute façon son immeuble restera vide.

Ce qui nous paraît aberrant c'est quand on compare avec les amendes des villes qui ne respectent pas la loi SRU, parce que beaucoup de communes ne paient pas 400 000 euros d'indemnités et ont plus de moyens que huit jeunes squatteurs. Il y a donc une disproportion totale dans le respect de la loi. Jeudi Noir est dans l'illégalité c'est vrai, mais il ne faut pas oublier que des villes sont aussi dans l'illégalité, et que personne ne bouge, il ne se passe rien, les constructions ne sont pas faites...on s'en fout. Alors que certaines villes vont payer, financer des logements sociaux.

On parle beaucoup de mixité sociale aussi, mais en fait pour échapper aux amendes les villes vont donner de l'argent aux bailleurs sociaux, pour que ces derniers construisent ailleurs. Et ça c'est totalement un dévoiement de la loi SRU!

Alors Mr. Apparu nous dit que 80% de logements sociaux ce n'est pas de la mixité. Des villes avec 80% de logements sociaux il yen a pas énormément, mais il a raison 80% de logements sociaux ce n’est pas forcément une très bonne chose, mais 2% ce n’est pas non plus de la mixité et ça on ne l'entend pas non plus beaucoup sur le sujet.

On ne sortira pas de cette crise en essayant uniquement d'agir sur le logement social, c'est une évidence. Il faut en construire un maximum, parce qu'on en manque, mais il faut aussi intervenir sur le marché privé et réguler ces loyers qui deviennent absolument énormes et qui empêche les gens qui sont dans des logements sociaux et qui aimerait bien déménager, mais comme le privé dans le privé c'est 2 ou 3 fois le prix d'un logement social, ils n'ont absolument pas la possibilité de sortir des logements sociaux. Du coup cette hausse des loyers bloque aussi les pauvres qui n'ont pas d'autre choix que d'accéder à un logement social.

On dit toujours qu'il y a un problème financier en France, il n'y a plus d'argent, mais on voit que l'état arrive à financer malgré tout un certain nombre d'aides.

On voit plein de pubs pour le Logement Scellier, mais c'est pas du tout pour le logement, c'est "devenez non imposable", c'est ça le dispositif Scellier, c'est ça le but de cette loi. Alors on nous explique qu'on a réduit la Loi Scellier à des zones tendues, que c'est important d'aider le privé à construire du logement. La zone tendue du logement Scellier ça représente un quart du territoire français, alors que les zones soumises à la loi SRU ça représente 4%. Donc on est dans une zone tendue, très détendue.

Nous on a regardé les zones on pouvait faire du Scellier, et on a trouvé par exemple, une commune qui est passé de 8 habitants en 1999 à 6 en 2006. Alors effectivement le village est à trois quart d'heure de Nice en bord de mer, mais je ne suis pas certains que ce soit la zone la plus tendue réellement. Et là on donne de l'argent pour construire des logements a des gens qui finalement n'ont pas réellement besoin ni d'argent, ni de logement.

 

 

                                    logement image n1

 

Intervention de Pauline Jagu-David, secrétaire de l'UNEF Cergy

 

 

Je suis ici pour aborder la situation du logement étudiant, car la situation dans le Val-d'Oise est assez compliquée.


1200 logements étudiants sont gérés par le CROUS, donc le service public qui s'occupe du logement étudiant, de la restauration et des aides sociales. Mais il n'y a que 1200 logements dans le département et tous sont situés sur Cergy, donc c'est tout un département où il n'y a pas de logements étudiants, alors que de nombreux étudiants étudient à Sarcelles ou à Argenteuil par exemple. Il y a donc un réel désengagement de l'état en matière de logement étudiant.

Il y a un risque aussi face aux logements et résidences privées qui se développent, notamment sur Cergy où l'ESSEC, une école de commerce, préfère construire du logement privé que du logement par le CROUS.


Les étudiants sont aussi particulièrement attaqués en matière de logement, on a vu cet été Baroin nous annoncer que les allocations logement pour les étudiants allaient être remises en question, qu'on demanderait aux familles de choisir entre les allocations logement pour leur enfant étudiant ou la conservation d'une demi-part fiscale. C'est un combat que nous avons mené tout l'été et le gouvernement est finalement revenu dessus, nous avons donc pu conserver les allocations logement, même si celles-ci n'ont pas été augmenté depuis 1994, alors que les loyers augmentent chaque année, 8% pour la région parisienne cette année. Il faut faire quelque chose.


Je vais revenir sur le Crous, nous à l'Unef on le considère comme un partenaire privilégié car c'est le seul qui propose un logement à un tarif social, c'est donc un service public, et je pense que nous sommes tous ici attachés à la préservation de celui-ci.

 

 

Le budget du Crous est fixé par l'État et il baisse d'année en année. Le Crous n'a donc plus les moyens de construire des logements étudiants, ça reste donc de la responsabilité des collectivités territoriales.

Sauf que cela est difficile aussi pour ces collectivités territoriales parce que le foncier augmente et qu'il faut ensuite trouver un bailleur qui accepte de confier la gestion de la résidence au Crous, pour que cela devienne un logement universitaire.

En plus, il ne faut pas que ce logement soit trop loin du lieu d'études, car pour l'étudiant il faut qu'il y ait des transports et des commerces... Mais nous avons pourtant le droit d'avoir accès au logement.


Nous avons aussi un gros souci au niveau des étudiants étrangers, car sans garant ils ne peuvent accéder au logement.

En ce qui concerne le parc privé, le loyer représente 50% des dépenses de l'étudiant. C'est énorme, et notamment parce qu'il y a aussi de nombreux étudiants qui ne sont pas boursiers et qui n'ont pas droit à une aide. Du coup une des seules aides que peuvent avoir ces étudiants, ce sont les allocations logement qui n'augmentent pas. Les allocations logement sont la seule aide accessible aux étudiants qu'ils soient boursiers ou pas. Donc le parc privé ça reste très complexe, mais c'est tout ce qui reste à de nombreux étudiants puisque l'état se désengage.

Je vais revenir sur la situation dans le département. L'Unef s'inquiète de ce qui va arriver dans notre département et notamment à Sarcelles où il y a 300 étudiants qui vont arriver en plus. On a peur que l'accès au logement étudiant soit encore plus compliqué.

Sur Argenteuil, un site de l'université de Paris 13 avec beaucoup d'étudiants en éco-gestion arrive, et il y a déjà un IUT là-bas rattaché à l'université de Cergy. Nous on a peur qu'il n'y ait pas de construction de logement et que de nombreux étudiants ne viennent pas étudier sur ces deux sites de Argenteuil et Sarcelles parce qu'il n'y aura pas de logement étudiant.

En 2003, le Plan Anciaux a annoncé la construction de 50 000 logements et 70 000 reconstructions entre 2004 et 2014.

Je vous donne les chiffres de 2010: on en est à 20 000 constructions et 12 000 reconstructions.

On voit bien que l'état ne respecte pas ses propres engagements. Le problème causé par les reconstructions est qu'on détruit mais qu'on ne remet pas le même nombre de chambre. C'est pourquoi nous demandons plutôt la rénovation des logements existants plutôt que leur reconstruction.

L'état du logement étudiant, par exemple sur Cergy, pose aussi des problèmes. La résidence des Linons mauves sur Cergy où les cafards sont le fardeau des étudiants. Cette résidence devait être réhabilitée mais, malheureusement on y a trouvé de l'amiante.

Donc là les travaux sont toujours en cours. On a interpellé l'état pour obtenir des subventions et notamment le Crous, parce que cette résidence est située à côté de l'université de Cergy. Mais en attendant ça fait beaucoup de chambres inaccessibles aux étudiants.

Voilà un peu la galère rencontrée par les étudiants pour se loger dans le département. Il y a 1200 logements par le Crous, mais rien que sur l'université de Cergy on est 15 000 donc ça reste bien insuffisant, notamment parce que le logement c'est le premier pas vers l'autonomie de la jeunesse.

 

 

 

 

 

Intervention de Georges Fresneau, CNL 95

 

 

La confédération nationale du logement intervient beaucoup auprès des locataires pour des problèmes de charge, de travaux, pour des problèmes divers, comme l'augmentation des charges et des loyers.

Mais il y a un autre problème, et c'est pour cela qu'on s'inscrit pleinement dans l'initiative de ce collectif, c'est la défense du logement social. Il faut penser aussi à tous ceux qui en sont en dehors.

Au niveau des permanence que nous tenons, pratiquement la moitié des gens viennent à tout hasard, parce qu'il voient écrit « confédération nationale du logement », et se disent qu'il y a peut-être une possibilité pour avoir un logement, ou une piste.

Mais je finis toujours l'entretien bouleversé, après avoir écouté des gens qui sont dans des détresses épouvantables, combien de fois des femmes pleurent parce qu'elle ont des vies infernales, parfois au bord du suicide.

J'ai une ou deux photos là regardez. C'était une manif au moi de mars dont l'objet c'était construire du logement social, revalorisez les aides. Combien on était?

3 000, alors qu'il y a 350 000 demandeurs de logement sur Paris. Ils me disent qu'ils n'étaient pas au courant.

Maintenant avec les rallyes, des initiatives sur le Val-d'Oise c'est beaucoup plus près pour ces gens. Je crois que c'est là-dessus qu'il faut travailler, sur ce que j'appelle travailler l'opinion publique, que l'on arrive à ce que tous les demandeurs de logement se mobilisent et que même ceux qui ont un logement se disent qu'ils doivent faire quelque chose. Il faut la solidarité.

Je siège à la commission DALO, ça devient fou, on renvoie des tas de dossiers, alors que 90% devraient être validés. On se dit souvent qu'il y a plein de trucs qui sont fait pour améliorer la qualité du travail, mais j'ai dit au Préfet que même si les conditions de travail de la commission était parfaite, dans quels logements on va mettre les gens? Il n'y a pas de logement.

C'est là l'aberration. Au début, les députés et parlementaires avaient voté une loi pour le droit au logement, mais ils ont oublié de construire. C'est un peu comme-ci un constructeur ou un producteur faisait de la publicité pour un produit mais oubliait la production.

Les gens entendent à la télé, il y a un droit au logement, ils y ont droit. Mais comme il en ont pas, à qui ils s'en prennent? Bah par exemple au maire de Bezons, vous vous rendez compte il a refusé un logement à une famille de quatre enfants, qui étaient au Plessis-Bouchard, ou à la Frette. Là bas ils sont tranquilles, ils n'ont pas de logements sociaux

La famille dépose un dossier DALO, ils sont acceptés quelque fois, malheureusement ils ne le sont pas tous, et la Préfet va dire: on les met à Bezons. Et c'est un maire de gauche qui va mettre refuser de loger...

Vendredi matin je recevais une dame, trois ou quatre enfants, qui vit dans un taudis. Elle me dit « il y a eu des constructions à Argenteuil devant l'hôpital, j'ai vu les gens ce sont des algériens, des marocains, moi je n'ai pas de logement parce que je suis noire », alors après on va recevoir quelqu'un aux origines gauloises, à la peau gauloise, il nous dira « c'est les noirs qui ont un logement social ». Donc on est entrain de se monter les uns contre les autres.

On a vu avec Cécile Sellier tout à l'heure, le taux de vacance c'est 0,8%.

Mais la réalité quand on regarde les chiffre, le logement c'est comme le chômage. Donzelot dit: « Le chômeurs professionnels ça permet à ceux qui se battent d'avoir une petite chance supplémentaire ». Mais quand on regarde, il y a peut-être 5 millions de chômeurs, mais 500 000 emplois disponibles. Dans le logement c'est les mêmes proportions, pour un logement qui se libère il y a dix candidats potentiels.

Les dossiers DALO: c'est épouvantable, il se passe plein d'escroqueries: des caves qui sont partagées à deux ou trois, les propriétaires qui font des baux, les gens qui touchent les APL. Il ya combien de gens qui sont dans des hôtels ou des appartements coupés en trois ou en quatre. C'est autant de baux à 500 ou 600€. Les gens sont complètement prisonniers.

Je recevais quelqu'un qui est à Argenteuil avec juste un petit radiateur électrique. Je lui dis d'appeler les services d'hygiène, il me dit « oui mais c'est le seul qui a accepté de me loger. Si il me met dehors où est-ce que je vais?

Dès l'instant que l'on a quelqu'un qui alerte les services sociaux, quelqu'un qui loge dans un petit hôtel, le propriétaire fait pression. Il dit a tous les autres locataires qu'ils vont se retrouver dehors.

Donc ça devient invivable.

Quand on voit l'argent qui est mis pour tous les marchands de sommeil ce sont des sommes colossales.

Je disais à la directrice du bureau du logement, que je sais bien que le préfet ne va pas prendre une mesure. Imaginons qu'un préfet ferme tous les marchands de sommeil, tous les logements indignes, où est-ce qu'il va mettre les gens?

Donc on vit avec ça.

J'entends des associations, un peu critiques vis-à-vis des commissions, des gens qui ont des dossiers extrêmement lourds et qui ne sont toujours pas passés en commission, c'est vrai que c'est scandaleux.

Avant j'étais en CAL (commission d'attribution de logement), le matin je voyais des dossiers, l'après-midi je les refusais., par ce qu'il y avait des critères, les logements sont attribués selon les revenus.

Si on ne construit pas massivement des logements, et ce n'est pas prévu, avec les lois Boutin, les lois Molles,...on veut casser le logement social.

En 2007, il y a un groupe qui a eu l'honnêteté de le dire c'est l'union nationale des promoteurs et des propriétaires immobiliers, dans son livre blanc, ils demandent la suppression des HLM.

Parce que les HLM freinent l'augmentation des loyers.

À leur congrès l'année dernière, ils disaient "mais il y a un problème, il y a des queues de plusieurs années dans les HLM et nous on se retrouve on a du mal à les louer". On leur dit que le prix du logement passe du simple au double.

Si on arrive pas à mobiliser tous les demandeurs de logements et à casser la mauvaise image du logement social. Les "assistés" finalement ce sont les propriétaires immobiliers, la loi Scellier aide deux fois plus un logement privé.

L'autre problème est aussi que quand on veut construire du logement social il ya des leviers de boucliers, parce qu'on "ne veut pas de ça chez nous".

Quand il y avait la loi SRU, un parlementaire est monté à la tribune et montre des photos de tours dégradés, avec des gens aux mines patibulaires, une vraie caricature et disant «  c'est ça que vous voulez construire dans nos villes? », alors que l'USH (union sociale de l'habitat) lui disait qu'on ne faisait plus de tour, dans les nouvelles constructions. On est incapable de distinguer les logements sociaux des logements privés.

 

C'est pour tout ça qu'il faut défendre le logement social, et cette initiative est très bonne pour ça.

 

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Débat et constats

 

 

Dans les villes du département qui ne respectent pas la loi SRU, on voit fleurir le logement indigne et insalubre. Mais les locataires de ces logements ont souvent peur de se retrouver à la rue, s’ils dénoncent ces situations.


Augmenter les pénalités à l'encontre de ces communes serait une solution pour les inciter à construire du logement et à lutter contre l'habitat indigne.

On pourrait aussi ne pas aider ces communes par des subventions ou encore rendre inéligible les maires qui n'ont pas construit de logement social.

 

Un service SOS logement pourrait être mis en place dans le département. Ce service aurait la responsabilité de contacter les bailleurs, d'aider les demandeurs.

Des postes de travailleurs sociaux pourraient être crée dans ce cadre pour accompagner les demandeurs.

 

Pour que l'initiative du 2 mars réussisse, et pour que la situation d'urgence dans le Val-d'Oise soit connue il faut réussir à mobiliser les demandeurs et les mal-logés, mais aussi les autres citoyens qui peuvent se sentir concernés par toutes ces questions.

Sans doute suite à la médiatisation du second rallye pour le droit au logement, le maire de Mériel s'est engagé sur un programme immobilier de 100 logements (ce qui est important pour la commune) dont 60% serait des logements sociaux. C'est la preuve que l'engagement et la mobilisation peuvent être payants et conduire les élus à bouger.

 

Il s'agit aussi de lutter contre les préjugés: le logement social peut et doit être de qualité, respecter les normes BBC (bâtiment basse consommation), HQE ( Haute qualité environnementale)...

 

Les réhabilitations de logements insalubres en logements sociaux permettent de faire évoluer les mentalités, les préjugés contre le logement. Il ne faut plus que le logement social fasse peur.

 

L'accueil des gens du voyage est aussi un problème, alors que des aires d'accueil devraient être construites, les communes les renvoient souvent vers d'autres communes.

Le logement étudiant devrait être aussi pris en compte. Le Crous devrait entreprendre davantage de construction et réhabiliter les résidences anciennes.

 

L'élargissement du collectif en particulier aux demandeurs et le prolongement des actions c'est le plus difficile, c'est pourquoi la manifestation du 2 mars est une étape importante.

 

La diversité des intervenants permet de montrer la sensibilité de chacun des acteurs en matière de logement, mais le fond reste le même: le financement, l'arrêt de la spéculation et l'application des lois sont des revendications communes. Il est important à présent d'avoir des interventions uniques, de dépasser nos propres cloisonnements et d'agir sur l'ensemble des problématiques, il faut arriver à ne pas rester cloisonner dans nos propres clivages, pour faire avancer notre réflexion.

Au vu de la diversité des situations, il faut entreprendre le 2 mars une action globale, arriver à trouver un cercle commun dans lequel chaque participant au collectif puisse intervenir.

Afin de mobiliser le plus possible, le rassemblement du 2 mars doit être festif et s'inscrire comme une initiative dynamique.

 

Le fonctionnement du logement social est transformé.

Les OPH (office public de l'habitat) sont maintenant des EPIC (Etablissements publics à intérêts industriels et commerciaux). Ils sont en concurrence les uns et les autres, ce qui entraine une augmentation des loyers et la tarification de tous les services rendus. C'est d'ailleurs pour cela que plusieurs bailleurs sont en conflit avec les locataires. Il faut redonner au logement social une dimension de service public.

Les politiques du logement sont telles que l'état tend à ce que les bailleurs se spécialisent dans le logement des plus démunis: cela entraine des phénomènes de ghettoïsation.

L'état se vante des 136 000 logements construits, mais ce ne sont pas des logements sociaux accessibles au plus pauvres, mais bien des PLS (Prêt locatif social), qui ne coûte rien à l'état/ Il y a donc un grand décalage entre les demandes, les besoins et les réponses formulées par le gouvernement. La priorité au rendement et au quantitatif sert les statistiques du gouvernement et est un outil de communication, de façade.

Le logement social est générateur de problématiques particulières, mais il doit être ouvert à tous les types de populations qui y ont droit, les constructions doivent donc être mixtes et mélangés les différents types de logement social. Cette diversité permet aussi de favoriser la mixité et de lutter contre la ghettoïsation. Il s'agit bien de combattre la pauvreté et non les pauvres.

Le PLS est la solution de facilité pour les villes qui ne respectent pas de la loi SRU, c'est un moyen de biaiser le système, de faire du logement social, certes, mais pas pour les plus pauvres. C'est pourquoi les 45 000 PLS devraient être sortis des statistiques gouvernementales sur le logement social.

Il est important d'engager des actions pour reconnaître l'insalubrité des logements et suspendre l'augmentation des loyers.

Tout est politique, parce qu'on aide plus les bailleurs privés que les bailleurs sociaux, bientôt il n'y aura plus que des populations précaires dans des bâtiments dégradés.

L'appareil législatif pour réquisitionner, faire de la mixité existe mais n'est pas appliqué et est inopérant. Il faut donc absolument mobiliser le plus de citoyens pour se faire entendre. Rien ne pourra changer si tout en haut ça ne change pas.

L'envolée des prix du foncier met en péril les personnes souhaitant accéder à la propriété, ce qui augmente la part des demandeurs HLM.

 

Il est difficile d'expliquer aux locataires et aux demandeurs que les problèmes qu'ils rencontrent ne viennent pas du maire. Le problème c'est l'individualisme des populations, qui ne voient que leurs propres problèmes et ne peuvent pas se mobiliser. Dans cette société où les gens ne s'impliquent pas dans la politique, il semble difficile de mobiliser les gens...

 

L'administration publique est très en deçà de la justice sociale de la justice pour tous. Il y a des astuces multiples dont abusent de nombreuses personnes pour obtenir des défiscalisations, notamment en matière de logement.

Les niches fiscales, les exonérations sont nombreuses et il faudrait donner des chiffres et dévoiler ces astuces le 2 mars.

 

Il faut se rassembler d'urgence pour obtenir des constructions en grand nombre, avec des financements de l'état à des taux corrects, et lutter contre la loi Boutin, contre les préjugés et faire évoluer les mentalités.

Classifier les logements sociaux (PLS, PLAI) est un problème qui conduit à la stigmatisation des logements adaptés aux populations les plus démunies.

Il serait mieux de changer le vocabulaire de parler de "logement pour tous" ou de "logement accessible à tous" au lieu de logements sociaux, pour faire changer les réflexions.

Il est de plus important de favoriser la mixité sociale en diversifiant au sein d'un même bâti différents types de logements.

 

Les choix politiques des municipalités génèrent des différences importantes sur le département. Sur Goussainville, dans le cadre d'un plan ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine) 180 logements ont été détruits et 135 reconstruits. Les 45 logements manquants seront construits, selon le Préfet, dans le reste du département, ce qui ne va pas forcément correspondre aux besoins des familles à reloger.

La construction de logements est problématique, mais surtout la manière de gérer las acquisitions qui empêche souvent la mixité sociale.

 

Il serait bien de suivre précisément les opérations mises en place sur les villes hors-la-loi et de rappeler aux maires les engagements pris lors des rallyes.

 

Le logement est un droit pour tous. Il faut casser cette image du logement social. Le logement social n'est pas un habitat choisi, c'est aussi cette conception qu'il faut changer. Précarité et pauvreté engendrent les marchands de sommeil, l'exploitation des pauvres par les pauvres.

On connait les lieux et les logements indignes, le problème est que lorsqu'on reloge une famille, une autre arrive aussitôt. Il faut donc construire à tout prix.

La mobilisation est difficile sur les questions du logement, la pression est forte et l'individualisme prime. Mais dans toutes les initiatives du collectif les demandeurs sont conviés. La réponse ne peut être individuelle, elle doit être collective.

C'est bien dans la mobilisation que l'on peut faire bouger les choses. Comment inviter l'ensemble des demandeurs, comment créer les conditions de leur venue?

L'aide à la création d'amicales de locataires et de collectifs est importante pour permettre de rassembler le plus de citoyens, c'est aussi comme ça que nous pourront faire des actions mobilisatrices.

Depuis les assises du logement à Bezons l'action se diversifie, et de nombreux collectif se forment. S'il y en a autant, c'est aussi que les partis ne répondent pas aux besoins des populations. Il s'agit donc d'apporter des questions réalistes et pas juste de mettre en place des actions de communication.

Les financements du logement sont opaques, voire inexistants...De plus le choix de ne faire que de l'accession à la propriété (comme en Espagne) est une catastrophe totale.

Le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre compte 10 millions de pauvres et la plupart se trouvent dans des villes qui comptent beaucoup de logements sociaux.

Préserver la mixité sociale c'est aussi veiller à ce que celle-ci ne bascule pas. La mixité ce n'est pas seulement l'exportation de pauvres ou de riches, c'est aussi faciliter l'accession à un autre niveau social. C'est donc une question de choix locaux, de politiques.

En ce qui concerne les personnes éligibles au DALO (droit au logement opposable), le Préfet a un pouvoir d'attribution. Il choisit de mettre l'ensemble de ces populations dans des ZUS (zones urbaines sensibles) ce qui accroit la ghettoïsation.

Si la loi DALO est juste dans son esprit et reste légitime, elle ne peut être appliquée que si des logements sont construits. Par ailleurs, lorsque l'on refuse dans les commissions d'attribuer aux demandeurs un logement, c'est une escroquerie, une absurdité, au regard de toutes les démarches qu'ils ont du accomplir pour monter le dossier DALO.

Le discours des populations peut être dur et discriminant, beaucoup de voisins refusent de voir les logements sociaux s'installer. Les maires qui ne construisent pas, c'est aussi parce qu'ils manquent de courage, ont peur d'affronter les populations réticentes et de perdre leur électorat. Pourtant, la solidarité et l'égalité, c'est aussi par le logement

 

Il ya une grande distorsion entre le discours et la pratique du gouvernement. Il faudrait imaginer des actions qui mettent le gouvernement au pied du mur, pour obliger les maires à construire du logement. L'action doit être élargie à toutes les communes du département au travers d'actions originales. Par exemple, on pourrait manifester la nuit à Neuilly-sur-Seine pour réveiller les gens qui dorment et leur faire prendre conscience que de nombreuses personnes pendant ce temps là non pas de toit. Les gens seraient alors impliqués malgré eux dans les actions.

 

Le PTZ + (prêt à taux zéro) qui vient d’être mis en place par le gouvernement est encore une preuve de plus que l'argent du gouvernement est destinée aux plus riches.

 

S'il est évident à tous que la santé et l'éducation soient gratuites et accessibles à tous, il n'en est rien pour le logement, alors que celui-ci est aussi un droit.

Il faudrait aussi sortir des aides personnalisées au logement et développer les aides à la construction de logements accessibles à tous.

 

 

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DEUXIEME PARTIE DE LA RENCONTRE

 

Préparation de la journée du mercredi 2 mars

 

L'objectif de la réunion est de créer les conditions pour que le mouvement du 2 mars soit une réussite et puisse faire changer la politique en matière de logement, notamment dans le Val d'Oise.

Plusieurs revendications communes apparaissent au terme des débats:

La mise en place d'un plan d'urgence dans le département

La construction de logements

L'application de la loi SRU

Une meilleure application de la loi Dalo et une répartition plus juste des populations

Alerter le préfet qu'il y aura en permanence des initiatives et des actions

Chacun est invité à réfléchir à des formes d'actions mobilisatrices, médiatiques et originales.

 

La date du Mercredi 2 mars a été choisie car:

C'est un jour de semaine, donc il y aura du passage devant la préfecture. Par ailleurs la préfecture est fermée le samedi.

C'est le jour où les retraités, les mères de famille ont du temps libre et peuvent donc s'arrêter et participer

Il est plus intéressant de faire cette action en matinée et en début d'après-midi, car le soir le parvis de la préfecture se vide

Il est important de faire ça avant les cantonales pour alerter les candidats sur les questions du logement et la nécessité d'avoir une politique active.

 

Cette initiative se veut gaie, dynamique et festive pour attirer un maximum de gens qui passent:

Il serait bien que chaque organisation vienne avec ses affiches, apporte ses idées, etc. Une banderole sera réalisée pour le collectif.

Deux fanfares attireront les passants et les alerteront qu'il se passe quelque chose,

Théâtre-Forum, Compagnie Arc-en-Ciel: Scènes sur la difficulté d'accéder au logement, pour donner la parole à tous, et inviter les passants à réagir.

Un tribunal de la loi Boutin pour montrer de manière ludique les problèmes causés par cette loi

Ce sera l'occasion de faire signer les pétitions contre la loi Boutin et celle de la Fondation Abbé Pierre et des autres acteurs impliqués dans ce combat.

Une audience sera ensuite demandée au préfet ou à son directeur de cabinet.

Une délégation de 10 personnes au maximum, conduite par le maire de Bezons, doit donc être choisie pour porter l'ensemble des constats et des questions que nous avons évoquées:

Le manque de logements étudiants

L'insalubrité du parc de logement

La répartition des personnes éligibles au DALO sur le territoire

L'application de la loi SRU

La construction de HLM et de logements

La mise en place d'un plan d'urgence en matière de logement signé par les organisations et les associations

Plusieurs interventions vont rythmer la journée, il faudrait donc les prévoir et décider des intervenants. Mr Lefebvre, maire de Cergy, interviendra sans doute au début de l'évènement.

 

Remarques:

 

Il faut que la délégation ne soit pas reçue trop longuement, car c'est frustrant pour ceux qui attendent. Cela contribue à ce que les gens se démobilisent et s'en aillent.

En cas de mauvais temps, une salle de repli sera utilisée.

Le soutien logistique de Cergy est sûr, mais il est compliqué de gérer l'organisation sur le parvis, car il est à la charge du conseil général, de la communauté d'agglomération et de la ville.

 

Propositions:

 

Distribution de tracts pour mobiliser les gens dans la rue commerçante.

Plan d'urgence dans le Val-d'Oise autour de points essentiels : le manque de logement, la loi SRU, le logement étudiant

Faire des propositions lisibles, se canaliser autour de points majeurs

Il serait bien d'exposer des panneaux montrant des opérations de logements sociaux de qualité pour lutter contre la mauvaise image du logement social

Il faudrait inviter les gens à venir visiter les nouveaux logements construits

Reprendre les panneaux des rallyes avec le manque de logement chiffré

Reprendre les affiches de la CGT AB-Habitat

Montrer l'augmentation des loyers dans des panneaux

Mettre des chiffres parlants sur des panneaux (nombre de logements à construire, etc)

Les locataires ont perdu la notion d'appropriation de leur cité, et c'est là aussi qu'on doit gagner.

Les panneaux permettraient de faire un parcours jusqu'à la préfecture

Affiches et affichettes vont être proposées

Comment mobiliser les gens?

 

Prise de parole équilibrée des int

Publicité
ervenants

Affiche sur les niches fiscales, chiffres percutants

Rappeler que le logement est un choix politique

 

Modifications à apporter sur le tract proposé:

 

Ajouter que le gouvernement soutient davantage le logement privé que le logement social

Appel à manifester pour un plan d'urgence

Envoyer ce tract en Word pour que chaque organisation ajoute un passage sur le contexte local.

La maquette du tract sera envoyée aux organisations pour le tirage

Rajouter sur le recto le lieu du départ en car (chaque organisation rajoutera le nom de la commune de départ)

 

Modifications à apporter sur le bandeau proposé:

 

Le logement doit être accessible "partout et à tous" et non "à tous et partout"

 

Modifications à apporter sur la lettre aux demandeurs proposée:

 

7000 logements qu'il faudrait construire pour répondre aux besoins.

Rendre la lettre plus lisible

Mettre les mêmes horaires que sur le tract

Les organisations rajouteront leur propre mail et un numéro de téléphone

Pour le coupon-réponse, mettre l'adresse de la mairie

 

Comment chacun va pouvoir mobiliser et aider à la réussite de ce rassemblement?

 

La fédération départementale du parti communiste prend en charge les tirages pour les sections locales, voire plus à la demande du collectif.

40 000 tracts peuvent être distribués si on fait aussi des envois dans les boites aux lettres, 20 000 dans des lieux fixes

La CGT peut tirer 5 000 tracts pour l'agglomération et 3 000 dans le département

L'UNEF peut distribuer 500 tracts, le lundi 28 février devant la Fac: 11H30-13h30.

La distribution de tract devra être collective, il faudrait distribuer ensemble, mais aussi organisation par organisation afin de toucher le plus de monde possible.

Le Samedi 19 février à 11h00, les principaux responsables viendront distribuer des tracts place de la Fontaine à Cergy. Une conférence de presse sur place sera organisée pour que les journaux relayer l'information.

La CN.L peut faire de la distribution dans les cités

Distribution au marché

Affiches dans la ville pour prévenir le plan d'urgence et la manifestation

Faire des affichettes A3 qui sont visibles et qu'on puisse coller

Des appels peuvent être distribués dans les centres sociaux pour solliciter les demandeurs

Des affiches seront mises dans les halls d'immeubles

La lettre aux demandeurs sera envoyée sur Bezons et Argenteuil.

Il serait bien de trouver d'autres mairies prêtes à le faire

Il faut montrer l'enjeu: si les demandeurs ne se mobilisent pas ils risquent d'attendre encore plus longtemps

Une distribution sur Argenteuil est prévue par la ville et sur l'agglomération

Les informations des différentes organisations seront mises sur le blog et sur le Facebook. Il est important de les faire remonter

La presse relaie ces initiatives donc contactez les médias nationaux et départementaux

Possiblité d'une émission en prime-time sur France 3 sur ces initiatives, a priori diffusée le 7 mars

 

Après le 2 mars: les autres initiatives

 

Rénégociation autour des CUCS (contrats urbains de cohésion sociale)

·         Continuer les rallyes: visiter une ville qui a fait des efforts pour construire du logement social (pas de date prévue pour le prochain rallye)

·         Opération Les Boutin d'or du logement social, pour remettre aux villes les plus mauvais logeurs avec cérémonial et médias...Remise d'un diplôme, d'une statuette, un Boutin d'or aux villes hors-la-loi, aux bailleurs, à ceux qui font du faux logement social (PLS)

- Saluer également les initiatives positives, les efforts des amicales, etc.

- Organiser les états généraux du logement au niveau départemental

- Contact avec la fondation Abbé Pierre en cours pour utiliser leurs cartons rouges.

 

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