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Pour tenter de bloquer la signature de l’accord Unedic par François Rebsamen fin juin, les intermittents se mettent en grève et appellent les citoyens à saisir leurs élus.
20 juin. C’est la date à partir de laquelle le ministre du Travail, François Rebsamen, devrait signer l’accord Unedic du 22 mars concernant les intermittents du spectacle et les intérimaires.
Le compte à rebours est lancé. Plus que deux semaines environ pour tenter de bloquer l’entrée en vigueur de la nouvelle convention Unedic qui prolonge l’accord signé en 2003, à l’inverse de la réforme attendue.
Pourquoi les intermittents rejettent la nouvelle convention Unedic :
« -1) Elle fragilise les salarié-es et les chômeurs-euses, en particulier les plus précaires d’entre eux (intermittent-es hors spectacles, intérimaires, intermittent-es du spectacle, salarié-es précaires et en fin de contrats aidés etc.)
2) Elle va amplifier le nombre de contrats précaires déjà en forte hausse, et les CDI à temps partiel.
3) Elle ne donne aucune visibilité aux demandeurs-euses d’emploi pour se projeter : c’est le court terme qui est priorisé, la reprise d’emploi à tout prix, celle qui fait entrer dans une spirale menant inéluctablement vers la sortie de l’indemnisation.
4) Elle n’a rien simplifié du tout, son opacité et sa complexité restent la marque de fabrique de ces accords imprégnés par les politiques néolibérales.
5) Elle va faire monter en flèche les troubles psychosociaux au sein de Pôle emploi, tant du côté des agents que du côté des usagers. Le peu de professionnels correctement formés dans le domaine de l’indemnisation face à des demandeurs-euses d’emploi insatisfaits et inquiets car n, laissent présager une situation explosive. »
Le 2 juin, les intermittents et précaires ont lancé un mouvement de grève reconductible.
Des manifestations sont déjà annulées dans plusieurs villes de France :
À Montpellier, le festival Le printemps des comédiens est en grève jusqu’à nouvel ordre.
À Rennes, les affiches annonçant des spectacles ont été recouvertes de la mention « ANNULÉ », les lieux culturels ont été affublés de pancartes « EN DANGER » et les cinq agences Pôle emploi de pancartes « LIQUIDATION ».
À Paris, un rassemblement a eu lieu le 2 juin, à 18 heures, devant le théâtre des Folies bergères (9ème) avant le début de l’enregistrement de la cérémonie des « Molière » diffusée en différé dans la soirée sur France 2. Par la voix du comédien Nicolas Bouchaud, ils se sont invités à la cérémonie. Philippe Torreton leur a dédié son prix.
À Avignon, une banderole « Festival annulé » a été accrochée sur le pont Saint-Bénezet, avec le numéro de téléphone du Medef local…
Mercredi 4 juin, la CGT spectacle, rejointe par la CGC, invite à un rassemblement à 9h30 devant la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle à Paris (7, square Max-Hymans, dans le 15ème) à l’occasion d’une réunion qui doit s’y tenir entre François Rebsamen et le Conseil national de l’emploi.
Le 12 mai, les intermittents ont lancé une charte déclarant persona non grata tous les membres du gouvernement qui se présenteraient sur les festivals signataires.
Enfin, une campagne de mobilisation citoyenne a été lancée le 30 mai : « NON à l’AGREMENT c’est maintenant ». Les citoyens sont invités à saisir leur députés et leurs élus.
Question : si François Rebsamen signe la convention Unedic, mais que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti ne la signe pas, que se passe-t-il ensuite ?
Dans une interview au journal dijonais « Le Bien Public », le ministre du Travail, François Rebsamen, a proposé de geler pendant trois ans les obligations qui s’imposent aux entreprises passant de 9 à 10 salariés, et de 49 à 50. « Gardons le principe des seuils, à 10 pour créer des délégués du personnel, et à 50 pour le comité d’entreprise, mais suspendons leur enclenchement pendant trois ans », a proposé le ministre du Travail. « Si cela créé de l’emploi, tant mieux, sinon, on remettra les seuils en vigueur et on n’entendra plus l’argument patronal », a-t-il poursuivi.
Les trois organisations patronales représentatives, Medef, UPA et surtout CGPME, bataillent en effet depuis des années pour supprimer ces fameux seuils, arguant du fait qu’ils seraient des freins à l’emploi. «Il y a 2,5 fois plus d’entreprises de 49 salariés que de 50 », répète souvent Pierre Gattaz. « Au total, le seuil des 50 salariés déclenche 35 obligations légales, ce qui représente un surcoût de 4,5% de la masse salariale»,explique-t-on à la CGPME.

Est-ce une conséquence du pacte d'irresponsabilité du duo Hollande-Valls ?
