Travail du dimanche: C’est Jean-Paul Bailly qui dira…
Enfin un chômeur, de courte durée tout de même, qui peut dire merci à François Hollande ! Jean-Claude Bailly, encore PDG de la Poste voilà un peu moins de trois mois, et plus connu pour y avoir laissé un bilan social désastreux, c’est en effet vu confié une mission sur le travail du dimanche par le gouvernement.
Ex-patron de la RATP, ex-PDG de La Poste, Monsieur Bailly compte à son palmarès plus de 80000 suppressions d’emploi en dix ans suivies de quelques suicides de postiers. Il était donc tout indiqué, selon le vœu du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et aussi bizarre que cela puisse paraître, pour une mission sur le travail du dimanche. A n’en pas douté, ce sera l’occasion d’un "dialogue approfondi avec l’ensemble des parties prenantes: partenaires sociaux, élus, représentants de la société civile, associations de consommateurs et de professionnels". C’est comme si Sarkozy avait confié à Henri Guaino une mission contre les discours racistes et xénophobes. Au vu du pedigree de l’ancien casseur de La Poste, on peut en effet nourrir toutes les craintes pour le respect du repos dominical.
L'autorisation du travail du dimanche nous ramènerait au 19eme siècle. Ce n’est pas en revenant sur cette avancée sociale, que l’on pourra faire face à la crise économique actuelle, conséquence des politiques d’austérité, de précarisation des emplois et de baisse des salaires. Ce n’est pas par la dérégulation du temps de travail (remise en cause de la durée légale comme des limites imposées à la durée quotidienne par le travail au forfait) que l’on pourra faire face à l’avènement nécessaire d’un développement humain, durable, centré sur les connaissances et compétences des salariés, l’accès de tous à la culture, la démocratie et le progrès social.