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Laboratoire d'Actions pour Bezons (LAB'). Groupe de réflexion et d’action pour une ville toujours dynamique,solidaire et ouverte sur le monde

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Entretien avec un adhérent : Serge Garde, journaliste, écrivain, bezonnais

Viols et trafics d’enfants, des images insoutenables…

 

Le 26 mai dernier, un documentaire de 90 minutes diffusé sur la chaîne 13ème Rue a plongé près d’un million de téléspectateurs dans l’horreur d’une enquête sur un réseau pédocriminel. L’auteur de ce documentaire est un habitué du L.A.B., un bezonnais très attaché à sa ville, le journaliste Serge Garde. Nous l’avons rencontré…

 

 

 

Pourquoi avez-vous choisi un sujet aussi difficile ?
En fait, j’ai accepté une proposition de Karl Zéro qui voulait que je reprenne, pour la télévision, l’enquête que j’avais faite dans l’Humanité en 2000 à propos d’un Cdrom trouvé en Hollande, à Zandvoort, et qui contenait 8400 photos pédocriminelles.

 

 

C’était une façon de prolonger cette enquête ?
Oui. J’ai exposé le dossier qui, très vite, a été enterré en France. Et j’ai posé plusieurs questions dérangeantes : pourquoi ces blocages ? Pourquoi ces affaires ont-elles toujours autant de mal à aboutir en justice ? Pourquoi a-t-on toujours autant de mal a recueillir la parole des victimes ?

 

 

Vous parlez de blocages, mais il y a eu aussi des excès. Prenons le procès d’Outreau…
Il y aurait là sans doute un autre documentaire à réaliser. Je rappelle que 15 enfants d’Outreau ont été officiellement reconnues victimes de viols par la justice et, à ce titre, indemnisés ! Par qui ont-ils été violés ?

 

 

Vous dénoncez depuis longtemps un certain laxisme dans la lutte contre la pédocriminalité. N’est-ce pas exagéré, car il y a de plus en plus de procès contre des violeurs d’enfants ?
La société française est ambigüe vis-à-vis des violences sexuelles sur des mineur(e )s. Il suffit de se rappeler l’affaire Polanski et des étranges soutiens qu’il a reçu, y compris au sein du gouvernement. A les suivre, il faudrait admettre que le viol d’une enfant de 13 ans, saoulée, droguée, sodomisée, ne serait « qu’une affaire ancienne qui n’a pas tellement de sens », pour reprendre la réaction du ministre de la Culture… Je ne partage pas ce point de vue. Je connais trop la souffrance des victimes, tout au long de leurs vies…

 

 

N’est-ce pas une criminalité marginale ?

On juge en France chaque année entre un et deux mille prédateurs sexuels. Or selon les associations qui travaillent sur le sujet, seul un viol sur cent aboutit en justice. Calculez vous-même ! On médiatise le procès de quelques prédateurs ce qui donne l’impression que la société réagit avec force. En réalité, la plupart du temps, les victimes sont niées et doivent souffrir en silence et cela se traduit par des échecs scolaires, des maladies psychosomatiques, des suicides, et pour un certain nombre d’anciennes victimes deviennent des délinquants voire des criminels. Ce n’est pas marginal. Le phénomène pose au contraire un problème de santé publique majeur.

 

 

Cela touche quels milieux ?
Toutes les catégories sociales, culturelles, ethniques sont concernées.

 

 

Que faut-il faire ?
C
’est l’opinion publique qui sera décisive. D’où l’importance de briser le silence et de débattre de ces questions. Pourquoi pas à Bezons. Pour sortir les victimes d’un silence destructeur. Pour avoir une police et une justice qui jouent mieux leur rôle contre ce phénomène criminel. Le débat, pour ma part, j’y suis prêt.

 

Bibliographie :

Le Livre De La Honte - Les Réseaux Pédophiles  Cherche Midi


Il Rôde Encore Parmi Nous - Une Profileuse Sur Les Traces D'un Tueur En Série Seuil édition


Guide Du Paris Des Faits Divers - Du Moyen Age À Nos Jours Le cherche Midi

 


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