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Article paru dans le PARISIEN, AURELIE FOULON | Publié le 06.04.2011:
Campagne de communication, saisie de la Halde pour discrimination territoriale: Bezons se mobilise pour dénoncer la baisse de moitié en 20 ans des effectifs de police dans sa ville.
Dominique Lesparre, maire PCF de Bezons, lance une campagne dénonçant la baisse des effectifs de police dans sa ville
Une silhouette de policier et un énorme point d’interrogation sur fond rouge, accompagnés d’une question : « Où sont passés nos policiers? » L’affiche visible un peu partout dans les rues de Bezons rappelle le Cluedo, ce jeu de société dont l’objectif est de retrouver l’auteur, le mobile et l’arme d’un crime.
Avec cette vaste campagne de communication, la municipalité veut marquer les esprits et mobiliser la population pour dénoncer « le désengagement de l’Etat ». « Ces dix dernières années, 32 postes de policiers ont été supprimés, soit presque la moitié des effectifs présents dans les années 1990 », explique le maire communiste, Dominique Lesparre, qui s’en est ému dans un courrier au président de la République.
A l’Elysée, on ne fait pas les mêmes calculs. Entre le 1er janvier 2005 et le 1er août 2010, les effectifs de police du Val-d’Oise ont augmenté, selon le cabinet de Nicolas Sarkozy, de « 146 fonctionnaires et adjoints de sécurité ». Et pour Bezons, la « dotation en personnel s’est accrue de 3 fonctionnaires pendant que le nombre d’adjoints de sécurité diminuait de 2 ». « Il est donc inexact d’affirmer que les effectifs de la police nationale diminuent sur votre territoire », conclut l’entourage du chef de l’Etat.
Pas satisfait de ces réponses, le maire a décidé de passer la vitesse supérieure. « Bezons, ce n’est pas Chicago, concède-t-il. Mais nous voyons bien que l’insécurité gagne partout du terrain. » Pour matérialiser la disparition des fonctionnaires, la ville a fait fabriquer des silhouettes de policiers qu’elle vient d’installer là où les habitants avaient l’habitude de voir les forces de l’ordre avec un message : « Ici, la police assurait… la circulation, la sécurité à la sortie de l’école, la tranquillité du quartier. » Et pour qu’elles soient visibles de tous, d’autres silhouettes accompagneront les élus comme leur ombre lors de chaque initiative publique.
Dominique Lesparre demande aussi l’intervention de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde). « Une première pour ce type de question », affirme-t-il. Convaincu que les effectifs de police de sa ville ont été divisés par deux, il estime, en effet, que sa commune fait l’objet de « discrimination territoriale » puisque le ministre de l’Intérieur a affirmé devant la commission des Lois qu’il « y a aujourd’hui 243000 policiers et gendarmes en France, soit 4301 de plus qu’il y a dix ans ». Le maire de Bezons s’appuie aussi sur les propos d’un conseiller à la Cour des comptes selon lequel « la répartition des effectifs est sujette à une inégalité spatiale; elle obéit à des lois totalement mystérieuses ». « Parce que je considère ma commune discriminée, je vous demande de statuer dans l’intérêt des Bezonnais », conclut l’élu PC dans son courrier à la Halde.